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Monika Ritterhaus

Komische Oper Berlin

Pelléas et Mélisande

Le drame symboliste de Maeterlinck mis en musique

Opéras | Debussy

EN DIRECT dimanche 15.10.2017 à 18h00 CET

Chanté en français
Sous-titré en anglais et en allemand

Disponible à partir du
15.10.2017 at 18h00 CET

jusqu'au
14.04.2018 at 23h59 CET

Arkel, King of AllemondeJens Larsen
Geneviève, Mother of Pelléas and GolaudNadine Weissmann
PelléasDominik Köninger
GolaudGünter Papendell
MélisandeNadja Mchantaf
Yniold, The Young Son of Golaud from his first marriageSoloists from Tölzer Knabenchores
OrchestreOrchestra of the Komische Opera


Musique Debussy
LivretAdapted from Maurice Maeterlinck
Direction musicaleJordan de Souza
Mise en scèneBarrie Kosky
DécorsKlaus Grünberg
CostumesDinah Ehm
LumièresKlaus Grünberg

Dans un lieu reculé, Golaud, le fils du roi Arkel d'Allemonde, fait la rencontre fortuite de la solitaire Mélisande. Cette dernière a irrémédiablement perdu sa couronne, mais ne semble pas s'en inquiéter. Le prince Golaud ne sait rien d’elle et pourtant il l’épouse. À son arrivée dans le royaume de Golaud, Mélisande fait la connaissance du frère cadet de son mari, Pelléas. Quand bien même le récit ne l’admet que tardivement, cette rencontre est fatidique et scelle le cours inévitable de l’action.

Le premier acte introduit le prince Golaud, qui, un soir rencontre une mystérieuse jeune femme nommée Mélisande en pleurs dans une forêt sur une fontaine dans laquelle elle prétend avoir perdu sa couronne. Elle ne lui dira rien de plus sur qui elle est, mais accepte de venir avec lui.

Une lettre arrive pour les parents de Golaud, Geneviève et le roi Arkel sont gravement malades. On découvre alors que le veuf Golaud a épousé Mélisande plutôt que la princesse Ursule, avec qui il aurait pu former une union stratégique avantageuse. Malgré les implications de son imprudence, les parents de Golaud soutiennent le choix de leur fils et son retour au royaume.

Golaud a un frère cadet, le prince Pelléas. Pelléas décide de quitter le château à cause d'un ami qui est sur le point de mourir, mais accepte de rester plus longtemps pour attendre le retour de Golaud et de son épouse. Alors que Geneviève et Mélisande marchent ensemble dans un jardin aux alentours du château, Geneviève laisse Mélisande seule pour aller s'occuper du fils de Golaud, Yniold. Pelléas et Mélisande se rencontrent. Pelléas fait délicatement part des sentiments à Mélisande.

Cette romance s'épanouit dans le deuxième acte. Un jour, alors que Mélisande est assise avec Pelléas à la fontaine des aveugles, son anneau nuptial tombe dans le puits. À la même seconde, Golaud, dans un autre lieu, tombe de cheval et se blesse.

Alors que Mélisande se tient au chevet de son mari, Golaud remarque que sa bague n’est plus là, Mélisande prétend l'avoir perdue dans une grotte. au bord de la mer. Golaud, furieux, lui ordonne de retrouver cet anneau et envoie Pelléas pour l'accompagner.

Au troisième acte, dans une scène digne de Raiponce, Mélisande du haut d’une fenêtre, peigne ses longs cheveux dénoués. Pelléas vient au pied de la tour, s'extasie devant la longue chevelure de Mélisande et la caresse et l'embrasse. Golaud manifeste de premiers signes de jalousie et force son fils Yniold à espionner les deux jeunes gens. L'enfant admet avoir vu Pelléas et Mélisande s’embrasser, mais il est terriblement harcelé par son père qui maîtrise mal son émotion.

Les symboles abondent dans le quatrième acte : Golaud apparaît avec du sang sur son front et confronte Mélisande à propos du temps passé avec Pelléas. Yniold cherche sa balle d'or qu’il a perdue et observe un troupeau de moutons qui arrête soudainement de bêler. Pelléas et Mélisande confessent enfin leur profond amour l’un pour l'autre devant la fontaine aux aveugles, l’endroit même où la bague fut égarée. Golaud confronte les amants et frappe de son épée Pelléas qui tombe mort près de la fontaine.

Dans le cinquième acte, la fin tragique dénoue le récit : Mélisande meurt doucement, en silence et après avoir mis au monde une petite fille. Dans ses derniers moments elle nie son amour pour Pelléas à Golaud, assurant qu’il s’agit de la vérité.

Basé sur la pièce symboliste de Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande est le seul opéra achevé de Claude Debussy. Alors qu’il travaillait sans grand succès sur le livret de Rodrigue et Chimène, adapté d’une pièce de son contemporain Catulle Mendès, Debussy, que le travail de Wagner passionnait, se pencha sur la pièce Pelléas et Mélisande de Maeterlinck. Il se rendit compte qu’à l’inverse de Rodrigue et Chimène dont le livret était complètement en désaccord avec sa vision artistique, Pelléas et Mélisande était exactement le genre de drame qu'il recherchait.

Beaucoup considèrent Pelléas et Mélisande comme l'une des œuvres les plus éloquentes de Debussy. Le compositeur a trouvé dans le livret de Maeterlinck le cadre idéal pour construire un opéra qui répondait à sa vision de l'équilibre musical et théâtral. Grâce à sa vaste structure en cinq actes, il illustre les impulsions musicales de l'impressionnisme français et crée une atmosphère mystérieuse qui attire inexorablement le public. Le récit est toutefois fracturé, mettant l'accent sur les symboles plutôt que sur les techniques de narration traditionnelles créant ainsi des tableaux. Le livret de Maeterlinck était tout aussi novateur à l'époque pour préférer la prose sur le vers, affectant le cadre et la structure musicale. Une symétrie inquiète envahit l’oeuvre, au gré des errances d’un triangle amoureux fatidique.

Défiant toute convention, la figure de proue du théâtre symboliste, Maurice Maeterlinck, réduit au minimum l'action dans ses pièces; une particularité qui a pour conséquence de pousser le public à trouver des significations entre les lignes et qui pousse à l’empathie et stimule l’imagination du spectateur. Dans l'adaptation proche de la pièce de théâtre initiale, Debussy a capturé les aspects énigmatiques du récit dans un « drame lyrique » résolument impressionniste.

Cette production réalisée par Barrie Kosky expose le psychogramme d'une société moribonde, devenue bourgeoise tardivement et qui n'a rien à opposer à un monde déréglé, autre que le réconfort d'une mélancolie finement orchestrée.

La direction musicale est assurée par Jordan de Souza, le nouveau directeur musical du Komische Oper Berlin (à l'âge de 30 ans), une étoile montante de la scène musicale internationale.