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Bärenreiter-Verlag

Vous êtes invités à un mariage !

Tandis que le Comte poursuit Susanna, la Comtesse a affaire à un admirateur adolescent et Figaro tente d'éviter de se marier avec sa propre mère. Bienvenue au plus loufoque des mariages !

Qui se joint aux festivités ?

« Je pense que les opéras de Mozart Les Noces de Figaro et Don Giovanni sont les deux plus parfaits jamais écrits », déclarait Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême des États-Unis, dont les avis juridiques ont inspiré l’opéra comique Scalia/Ginsburg. « La musique y est magique. » Pressée de fournir une réponse, elle finissait par admettre que Les Noces de Figaro était son favori absolu.

La juge est en bonne compagnie. En effet, la première des trois collaborations de Mozart avec le librettiste Lorenzo Da Ponte, Les Noces de Figaro, est l'un des opéras les plus appréciés de tous les temps. 232 ans après sa création au Burgtheater de Vienne, il reste extrêmement populaire. Selon Operabase, il était encore en 2018-19 le 10e opéra le plus joué au monde.

Les Noces de Figaro de la Royal Opera House, du Royal College of Music, de l’Opéra National des Pays-Bas, du Garsington Opera et du Teatro Regio Torino

Pourquoi une telle agitation ?

OperaVision a sans vergogne rejoint le joyeux cortège. Depuis le lancement de la plateforme en octobre 2017, nous avons diffusé les représentations complètes des Noces de Figaro de la Royal Opera House, du Royal College of Music, de l'Opéra National des Pays-Bas et du Garsington Opera ainsi que les temps forts d’une production du Teatro Regio Torino.

Le baryton Sir Thomas Allen a joué dans les plus grands opéras du monde et s’essaye également de temps à autre à la mise en scène. Ancien élève du Royal College of Music de Londres, il a été invité par l’institution à oeuvrer avec leurs jeunes chanteurs à la création d’une nouvelle production de l’incroyable comédie de Mozart. « C’est le drame le plus exceptionnel qui soit », insiste-t-il. Et grâce à la pièce originale et provocante de Pierre Beaumarchais, à l'adaptation poétique de Da Ponte et à la clarté incomparable de la composition de Mozart, il nous semble impossible d’être en désaccord avec lui.

Ce ne sera donc pas ennuyeux ?

Plein de rebondissements, le grand opéra comique de Mozart est une histoire qui mêle intrigues et malentendus : tandis que Susanna tente d'éviter les avances lubriques du Comte, la Comtesse doit faire face aux hormones adolescentes et déchaînées de Chérubin et Figaro tente tant bien que mal de se désengager d'un contrat de mariage avec une femme qui s’avère être sa mère, perdue de vue depuis longtemps, jusqu’à ce qu’après quatre actes loufoques et exaltants, la trame se dénoue et qu’enfin, tout soit pardonné.

Lorsque la partie semble finie, Les Noces de Figaro nous surprennent avec de nouvelles facéties. L'une des plus mémorables figure à l'acte II, lorsque le Comte entend un bruit provenant du cabinet de sa femme. Afin de dissiper les soupçons de son mari, la Comtesse explique à son mari qu’il s'agit simplement de Susanna qui essaye sa robe de mariée. À cet instant, Susanna entre dans la chambre à coucher sans se faire remarquer, réalise rapidement ce qui se trame et se cache derrière un canapé.

Mark Douet | Royal Opera House

'Susanna, or via, sortite'

Avec Simon Keenlyside dans le rôle du Comte, Julia Kleiter en Comtesse et Joélle Harvey dans le rôle de Susanna. Dirigé par Sir John Eliot Gardiner et mis en scène par David McVicar.

Qu'en est-il de la musique ?

La situation devient vite incontrôlable. Furieux devant le refus de sa femme d'ouvrir le cabinet, le Comte l’entraîne à la recherche d’une hache pour enfoncer la porte. Susanna en profite pour libérer Chérubin de sa cachette et lui intime de se mettre à l'abri en sautant par-dessus le balcon, puis s'enferme dans le cabinet à sa place. Le Comte revient, et la Comtesse se voit contrainte d'admettre que c’est bien Chérubin qui se cache dans le cabinet. Mais à leur grand étonnement à tous les deux, c’est en réalité Susanna qui en émerge.

Pour Sir John Eliot Gardiner, qui a dirigé la représentation diffusée en direct sur OperaVision depuis la Royal Opera House, cette scène montre la capacité de Mozart à faire parfaitement correspondre la musique à chaque personnage. « Le Comte se conduit en tyran et en voyou, tandis que la Comtesse l’implore », explique-t-il. Susanna doit ensuite se justifier quant à sa présence dans le cabinet. « C'est tellement merveilleusement innocent, mais en réalité ça ne l’est pas car elle est très au fait des usages du monde, comme beaucoup de personnages de Mozart. »

Peut-on faire encore mieux ?

L'affirmation du chef d’orchestre selon laquelle Les Noces de Figaro est « une pièce si saine » est quelque peu remise en question par la suite. L'un des moments les plus remarquables de l’opéra, le final de l'acte II, a été utilisé par le personnage de Mozart dans la pièce de Peter Shaffer, Amadeus, pour convaincre l'empereur Joseph II d’autoriser la mise en scène de son travail. « Le valet de chambre du mari, s'époumonant lui aussi, entre en scène », explique le compositeur de 30 ans avec un enthousiasme débordant. « Le trio se transforme alors en quatuor. Puis entre un vieux jardinier stupide - le quatuor devient quintette, et ainsi de suite : sextuor, septuor, octuor ! Combien de temps puis-je supporter ça ? » La réponse de Mozart tient en vingt minutes, soit une scène trois fois plus longue que celle imaginée par l'empereur.

Dans la scène en question, Susanna et la Comtesse semblent avoir convaincu le Comte que Figaro était l'auteur d'une lettre anonyme suggérant à tort que la Comtesse avait un amant. Mais alors que Figaro et Susanna tentent de s’éclipser, Marcellina, Bartolo et Basilio font irruption dans la pièce. Ceux-ci réclament que Figaro honore son précédent contrat en épousant Marcellina, étant donné qu’il n’est pas en mesure de lui rembourser ce qu'il lui doit. Avec ce dernier développement, le Comte annule de façon triomphale le mariage de Figaro et de Susanna en attendant d’enquêter pleinement sur la question.

Royal College of Music

'Voi signor, che giusto siete'

Avec Adam Maxey dans le rôle de Figaro, Julieth Lozano en Susanna, Harry Thatcher dans le rôle du Comte, Josephine Goddard dans celui de la Comtesse, Katy Thomson en Marcellina, Timothy Edlin en Bartolo et Joel Williams dans le rôle de Basilio. Dirigé par Michael Rosewell et mis en scène par Sir Thomas Allen.

Peut-on en voir davantage ?

« Sire, seul l'opéra est capable de telles prouesses » déclare Mozart à l'empereur dans Amadeus. « Dans une pièce de théâtre, si plus d'une personne parle en même temps, c'est juste du bruit. On ne comprend pas un mot. Mais avec la musique, lorsque vingt personnes parlent simultanément, ce n’est plus du bruit, c’est une harmonie parfaite. N'est-ce pas merveilleux ? »

OperaVision diffusera au printemps 2020 une nouvelle production des Noces de Figaro en direct d'une de nos maisons d'opéra partenaires. Abonnez-vous à notre newsletter pour ne pas manquer cette représentation ni aucune autre à venir. En attendant, parcourez notre médiathèque pour découvrir nombre d’interviews et d’extraits, y compris de nombreux extraits du merveilleux Mozart !