Preloader Operavision
Bjorn Frins

Opera Zuid | Dutch National Touring Opera | Dutch National Opera

L'elisir d'amore

Un opéra sur l'avènement de l'âge adulte

Flash-back | Donizetti

Ce spectacle n'est plus disponible en vidéo à la demande, mais vous pouvez encore profiter des contenus annexes à la production.

Une soirée d’été en Italie. La tension romantique entre Adina et Nemorino rend l'atmosphère électrique. Mais ils ne sont pas seuls. Un groupe d'amis met en péril leur amour et leur statut social.

 

Dans cette version contemporaine du metteur en scène Marcos Darbyshire, l'opéra comique L'elisir d'amore de Donizetti est un opéra qui explore les thèmes du passage à l'âge adulte, de l'identité et de la perte de l'innocence. « Il y aura beaucoup de rires, mais avec les personnages et non pas malgré eux » promet le metteur en scène. La coproduction entièrement néerlandaise de Opera Zuid, Dutch National Touring Opera et Dutch National Opera présente une excellente jeune distribution du Dutch National Opera Studio.

AdinaJulietta Aleksanyan
NemorinoJosé Romero
BelcoreMartin Mkhize
DulcamaraSam Carl
GiannettaBibi Ortjens
OrchestreSouth Netherlands Philharmonic (philharmonie zuidnederland)


MusiqueGaetano Donizetti
Direction musicaleEnrico Delamboye
Mise en scèneMarcos Darbyshire
DécorsAmber Vandenhoeck
CostumesLuis F. Carvalho
LumièresGlen D'haenens
Arrangement musicalPedro Beriso

Prenez un amour secret, une vieille histoire de philtre d'amour, une chaude soirée d'été et cinq jeunes protagonistes, mélangez le tout et vous obtiendrez l'opéra romantique L'elisir d'amore.

Nemorino est secrètement amoureux d'Adina. Lui est un peu intello et naïf. Elle est riche et populaire.
Adina n’est pas amoureuse de Nemorino et ne s’en cache pas. Par « hasard », elle récite l'histoire d'amour de Tristan et Iseult, un mythe sur un élixir d'amour qui réunit deux amoureux. Nemorino a alors l'idée de se procurer un philtre d'amour pour qu'Adina tombe amoureuse de lui.

Le rival de Nemorino, Belcore, apparaît bientôt et met à profit son audace et sa force pour attirer l'attention d'Adina. Mais Nemorino, déterminé, essaie de convaincre Adina que c'est lui qu'elle devrait choisir et qu'elle ne devrait pas se rendre aussi facilement à Belcore, le fanfaron. Adina rejette une fois encore Nemorino. Mais celui-ci a encore un espoir...

L'escroc Dulcamara arrive sur la scène avec un arsenal de remèdes miracles pour chaque situation. Il a un remède pour Nemorino : une potion magique pour attirer l'amour de ses rêves. Nemorino, convaincu que ses avances marcheront cette fois-ci, tente à nouveau de courtiser Adina. Le remède miracle de Dulcamara ne fonctionne finalement pas. Adina en a assez. Pour blesser davantage Nemorino, elle décide d'épouser Belcore le jour même. Les suppliques incessantes de Nemorino agaçent tout le monde.

Belcore, qui joue avec les sentiments de Nemorino, le convainc de rejoindre l'armée et de se faire une réputation et un salaire. Nemorino croit toujours que la drogue va marcher. Il utilise son salaire pour acheter une autre potion à Dulcamara.

Pendant ce temps, Dulcamara et Gianetta apprennent que Nemorino a hérité d'une fortune d'un oncle décédé. La nouvelle est un élixir bien plus puissant que la potion de Dulcamara. Cependant, Dulcamara ne le dit pas à Nemorino, qui croit toujours à la potion magique.

La popularité soudaine de Nemorino grâce à son nouveau statut rend Adina jalouse. Elle n'ose pas l'admettre, mais elle est amoureuse de Nemorino. Elle le voit sous un jour différent et lui avoue son amour. Nemorino ne comprend pas ce qu'il se passe. Convaincu que le médicament de Dulcamara en est la cause, Nemorino le remercie. Aigri, Belcore doit supporter la victoire de Nemorino.

« Une nuit riche d'opportunités » – Entretien avec le metteur en scène Marcos Darbyshire

Marcel Lennartz

« Tout m'a été servi sur un plateau d'argent » nous dit-il. Marcos Darbyshire a été invité à mettre en scène une version contemporaine de L'elisir d'amore de Donizetti et à collaborer avec Pedro Beriso pour écrire un nouvel arrangement pour cinq solistes et douze musiciens, les mesures prises contre le coronavirus ne permettant pas d’intégrer des chœurs à la représentation. Cinq jeunes talents du National Opera Studio se joignent à lui pour réaliser cet opéra sur l’amour : « ce sont les circonstances parfaites pour ma vision de L'elisir d'amore, qui est l'un de mes opéras préférés. »

Pourquoi considérez-vous L'elisir d'amore comme un opéra sur « le passage à l'âge adulte » ?

L'opéra explore les thématiques de l’identité et de la perte de l'innocence. Il n’y a pas mieux pour cela que de travailler avec un groupe de jeunes interprètes. Ils ont encore cette délicatesse qui est essentielle à la croissance psychologique des personnages. Au cours d'une longue soirée d'été, nous suivons le développement émotionnel des deux protagonistes. À l'aube, ils sont différents. La notion de développement, tant individuel que collectif, est au cœur de cet opéra. Les interactions des personnages et les tensions entre eux accélèrent leur évolution personnelle. Cette dynamique de groupe joue un rôle prépondérant dans ma mise en scène.

Outre la dynamique de groupe, quels sont les autres sujets importants ?

La découverte de la sexualité est cruciale dans ce travail, car chacun se souvient de ces sentiments de doute, de la sensation de ne pas être prêt ou de ne pas savoir comment gérer cette tension sexuelle. Bien sûr, les boissons et les stimulants ont aussi leur importance dans ma mise en scène. Le texte ne laisse aucun doute à ce sujet : Nemorino s'enivre. Mais il est trop facile de se moquer de lui. Que se passe-t-il si tout le monde est ivre et prend soudain des décisions stupides ? Cette dynamique de groupe changerait-elle quelque chose ?

Pedro Beriso a réalisé l’arrangement musical en collaboration avec vous. Avez-vous rencontré des difficultés ?

Tout d'abord, le livret de L'elisir d'amore est tout simplement fantastique. La structure est parfaite. Chaque personnage a une présence particulière et chaque interaction figure dans le livret. Tout se met en place avec la musique de Donizetti. Comme nous présentons une version adaptée aux mesures contre le coronavirus, nous avons dû raccourcir l'opéra. C'était un défi, mais nous nous en sommes très bien sortis. Nous nous sommes constamment demandés comment obtenir le matériel dont nous avions besoin pour réaliser ce que j'avais en tête. Heureusement, Pedro a compris que les relations entre les personnages sont plus importantes pour moi que l'intrigue, ce qui m'a donné la liberté d'enrichir certains aspects des personnages.

Comment avez-vous fait cela ?

Les rejets d'Adina et les réactions de son groupe d'amis populaires portent un grand coup à la confiance de Nemorino, qui manque d’expérience. Mais je ne voulais pas que ce soit une raison de se moquer de lui. Je veux que le public s'identifie à lui. Sa souffrance est si réelle qu'on a de la peine pour lui. Tout le monde ne s'est-il pas déjà senti comme Nemorino ? Il n'a pas encore trouvé sa place dans le monde, c'est-à-dire sa position dans le monde des autres. La position sociale joue un rôle essentiel à cet égard. En revanche, la popularité et la richesse d'Adina la dispensent de s'intégrer au groupe. Du moins, c'est ce qu'il semble. Elle a aussi des insécurités mais peut facilement les cacher. Son caractère est également complexe. Lorsque les autres filles se jettent sur Nemorino, elle devient jalouse et se rend compte de ses véritables sentiments pour lui.

Et comment avez-vous ajouté de la profondeur aux trois autres personnages ?

Pour le nouvel arrangement musical, nous avons dû retravailler Dulcamara, l’escroc fêtard. Toujours à partir du texte original, j'ai essayé de le rendre plus humain : un beau parleur qui cherche secrètement à se trouver. Belcore, lui, est un méchant effronté. Je voulais faire ressortir son moi intérieur pendant les arias afin de lui donner plus de profondeur. Enfin, le personnage de Giannetta est quelque peu atténué dans la version originale car le chœur est très dominant. L'avantage de ne pas avoir de chœur dans ma production est que Giannetta peut se démarquer davantage et devenir un personnage à part entière : une jeune fille qui veut désespérément être populaire.

Est-ce compliqué d'étoffer les personnages existants ?

Le bel canto dans la musique de Donizetti me permet, en tant que metteur en scène, de dépeindre plus facilement les personnages de l'intérieur. Avec Rossini et Bellini, Donizetti est le compositeur du bel canto italien du début du XIXe siècle. Dans ce style de chant, l'émotion et le timbre de l'interprète jouent un rôle majeur. Si vous écoutez attentivement, il y a des moments dans les arias où vous pouvez ressentir les pensées, les sentiments et les perceptions des personnages. Dans cette version, nous jouons avec ces différentes perspectives. Et l'utilisation de stimulants modifie la perception de la réalité à un degré encore plus extrême.

Quelle émotion le public gardera-t-il après avoir assisté à la représentation ?

J'espère que les spectateurs verront quelque chose d'eux-mêmes sur scène et que Donizetti leur révélera des choses qu'ils ignoraient. Les événements se déroulent dans l'atmosphère étouffante d'un été italien, avec un soleil qui éblouit et une nuit qui enveloppe les personnages de mystère et d'incertitude. Une nuit riche d'opportunités.