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The Grange Festival 2018

The Grange Festival

Agrippina

Une comédie satirique sur l'amour, la politique et une mère intrusive.

Opéras | Haendel

Une impératrice comploteuse, dont le mari s’est apparemment noyé en mer, assure le trône à son fils d'un autre mariage. Mais le commandant de l'armée a d'autres idées, et c’est alors que l'empereur revient, bien vivant.

 

La vision inspirée du metteur en scène Walter Sutcliffe et du scénographe Jon Bausor donne vie à l'humour et à l'égocentrisme d'une des femmes les plus scandaleuses de l'opéra. Le jeune Haendel a apporté à Agrippine toute l'étendue de son étonnante imagination, composant un libretto à la fois hilarant, émouvant et astucieux. La musique de Haendel regorge d'originalité et de divertissement, ainsi que de moments d'une beauté saisissante.

Chanté en italien

Sous-titres en anglais et possibilité de traduire automatiquement dans 114 langues.

Disponible à partir du
06.06.2019 à 19h00 CET

jusqu'au
11.12.2019 à 23h59 CET

ClaudiusAshley RIches
AgrippineAnna Bonitatibus
NéronRaffaele Pe
PoppéeStefanie True
OthoChristopher Ainslie
PallanteAlex Otterburn
NarcisoJames Hall
LesboJonathan Best


MusiqueGeorg Friedrich Haendel
LivretVincenzo Grimani
Direction musicaleRobert Howarth
Mise en scèneWalter Sutcliffe
Metteur en scène associéKatharina Kastening
DesignerJon Bausor
LumièresWolfgang Göbbel
Préparation musicaleMichael Chance
MeneurBojan Čičić
Assistant chef d'orchestre et répétiteurOliver John Ruthven
Coach linguistiqueMatteo Dalle Fratte
Directeur de productionTom Nickson
Chef costumierSydney Florence
The Grange Festival

Acte I

Alors que son mari, l'empereur romain Claudius, se serait noyé en mer, Agrippine complote pour que son fils issu d'un précédent mariage, Néron, soit le successeur de Claudius. En réalité, l'empereur a été sauvé par le commandant de l'armée, Otho, et le couronnement imminent de Néron est abandonné. Otho dit à Agrippine que Claudius, en reconnaissance, l'a nommé son successeur. Il lui dit aussi que lui, Otho, est tombé amoureux de Poppée, et qu'il la désire plus qu'il ne désire le trône. Agrippine, consciente que Claudius aime aussi Poppée, y voit une nouvelle opportunité de poursuivre ses ambitions pour Néron. Elle révèle à Poppée, à tort, qu'Otho a conclu un marché avec Claude, par lequel lui, Otho, gagne le trône mais donne Poppée à Claude. Agrippine conseille à Poppée de retourner la situation contre Otho en disant à l'empereur qu'Otho lui a ordonné de refuser les attentions de Claudius. Agrippina croit que cela fera en sorte que Claudius révoque sa promesse de trône à Otho.

Acte II

Otho est prêt pour son couronnement mais Claudius le dénonce comme étant un traître. Dévasté et déconcerté, Otho fait appel à Agrippine, à Poppée et à Néron afin d’obtenir leur soutien, mais ils le rejettent tous. Poppée est touchée par le chagrin de son ancien bien-aimé et commence à douter de sa culpabilité. Finalement, Otho la convainc de son innocence et Poppée jure de se venger, mais elle est distraite quand Néron s'avance et déclare son amour pour elle. Pendant ce temps, Agrippine convainc Claudius qu'Otho est toujours en train de comploter pour prendre le trône et lui conseille d'abdiquer en faveur de Néron. Claudius est d'accord, croyant que cela lui permettra de gagner Poppée.

Acte III

Tandis qu'Otho et Néron se cachent dans sa chambre, Poppée explique à Claude qu'il l'avait mal comprise auparavant : ce n'est pas Otho mais Néron qui lui avait ordonné de rejeter ses attentions. Claudius rejette avec colère son beau-fils. Néron informe sa mère de la trahison de Poppée et de sa décision de renoncer à l'amour pour l'ambition politique. Agrippine affronte Claude, le réprimande pour avoir succombé à l'influence de Poppée et prétend qu'Otho aime Poppée, forçant ainsi Claudius à les convoquer tous les trois. Il annonce que Néron et Poppée se marieront, et qu'Otho aura le trône. Personne n'est satisfait de cet arrangement, car leurs désirs ont tous changé. Ainsi Claude, dans un esprit de réconciliation, revoit son jugement, donnant Poppée à Otho et le trône à Néron.

5 choses à savoir sur Agrippina

1° Un opéra digne d’un carnaval

Agrippina est un opera seria en trois actes de Georg Friedrich Handel dont le livret est du cardinal Vincenzo Grimani. L'opéra a été composé pour la saison du carnaval de 1709-10 à Venise et raconte l'histoire d'Agrippine, la mère de Néron, qui prévoit de renverser l'empereur romain Claudius et de mettre son fils sur le trône à sa place. Le livret de Grimani, considéré comme l'un des meilleurs que Haendel ait mis en musique, est une comédie anti-héroïque et satirique, pleine de références à la vie politique de Rome.

2° Mystère au bord du Tibre

Née en 15 ap. J.-C., Agrippine la Jeune était une impératrice romaine et l'une des femmes les plus importantes de la dynastie Julio-Claudienne. Les sources antiques décrivent sa personnalité comme impitoyable, ambitieuse, violente et dominatrice. Physiquement, c'était une belle femme et selon Pline l'Ancien, elle avait une double canine dans la mâchoire supérieure droite, un signe de chance. Son troisième mari était l'empereur Claude, qu'elle convainquit d'adopter Néron, son fils issu d'un précédent mariage, et d'en faire son successeur. Lorsque Claudius commença à hésiter et à favoriser un autre de ses fils, Agrippine aurait empoisonné son mari avec des champignons mortels. Néron accéda au trône mais sa mère continua d’avoir le contrôle sur lui et l'empire. Selon Tacite, elle s'opposa à la liaison de Néron avec Poppée Sabine, épouse d'Otho, et l'empereur destitua alors sa mère de ses titres et de son pouvoir avant de la faire assassiner en 59 ap. JC.

3° Une invitation pour l’Italie

Après s'être initié aux opéras de style allemand pendant ses premières années à Hambourg, Haendel se rend en Italie sur l'invitation d'un membre de la Maison des Médicis. Il y reste trois ans pour étudier la musique italienne et développer son talent de compositeur. Pendant son séjour à Florence en 1707, il écrivit son premier opéra italien, Rodrigo, mais il ne rencontra pas un grand succès. Il s'installe à Rome et se consacre à la composition de cantates et d'oratorios, l'opéra étant interdit par décret pontifical. C'est là qu'il rencontre le cardinal Vincenzo Grimani, un éminent diplomate qui écrit des livrets dans son temps libre et était agent théâtral non officiel pour les cours royales d'Italie. Il prit Haendel sous son aile et lui donna son livret pour Agrippina.

4° Moqueries

Grimani était politiquement allié aux Habsbourg. Il protégea leurs intérêts au Vatican, ce qui a conduit à de fréquents affrontements avec le pape Clément XI. Son portrait de l'empereur Claude dans Agrippina peut être interprété comme peinture entre les lignes contre le caractère frivole du pape. Empruntant le même contexte que l'opéra L'incoronazione di Poppea de Claudio Monteverdi (1642), le livret de Grimani est beaucoup plus léger que le premier et est intéressant par sa prédominance des airs sur le récitatif. Le texte du cardinal fut mis en musique par Haendel à Naples ou à Venise et l'opéra fut produit pour la première fois en 1709 au Teatro San Giovanni Grisostomo, un théâtre vénitien appartenant aux Grimanis. Le succès fut immédiat et 27 représentations consécutives suivirent la première! Le public, frappé par la grandeur et le caractère sublime de son style, applaudit Il caro Sassone (le cher Saxon), en référence aux origines allemandes de Haendel.

5° Haendel au Hampshire

Malgré l'enthousiasme du public pour l'œuvre, Agrippina n'a été représentée que très peu dans les années qui ont suivi sa création. Vers le milieu du XVIIIe siècle, l’opéra est tombée dans l'oubli comme la plupart des autres oeuvres de Haendel. Le XXe siècle voit cependant un regain d'intérêt pour le compositeur et son œuvre. L'opéra a été repris à Halle en 1943 et depuis lors, il est devenu populaire dans le monde entier, en particulier au Royaume-Uni et aux États-Unis. Cette nouvelle production du metteur en scène Walter Sutcliffe se déroule au Grange Festival dans le Hampshire, un comté que Haendel a visité plusieurs fois après son installation à Londres. Robert Howarth dirige l'Académie de musique ancienne, dont l’orchestre réputé dans le monde entier pour son excellence en musique baroque et classique utilise des techniques historiques et des instruments d'époque pour donner vie à la musique.