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Teatro de la Maestranza

Teatro de la Maestranza

Le Barbier de Séville

Faites place au factotum de la cité !

Opéras | Rossini

Un comte passionné fait appel à un barbier aux talents multiples pour l'aider à courtiser et épouser une femme à l'esprit vif. Mais il leur faudra toute leur ruse - ainsi que quelques déguisements et pots-de-vin - pour que l'amour l'emporte.

 

Cette production du chef-d'œuvre comique de Rossini ravive et redessine une mise en scène historique de 1997 à l'occasion du 200e anniversaire de la création de l'opéra. Mise en scène par José Luis Castro, la magnifique scénographie des peintres Carmen Laffon et Juan Suárez dépeint la vision romantique de Rossini de la capitale andalouse, à Séville même.

Enregistré le 16 février 2016

 

Chanté en italien.

Disponible à partir du
24.07.2020 à 19h00 CET

Comte AlmavivaMichele Angelini
Don BartoloRenato Girolami
RosinaMarina Comparato
FígaroDavide Luciano
Don BasilioDmitry Ulyanov
FiorelloDavid Lagares
AmbrogioAntonio Andrés Lapeña
BertaSusana Cordón
Un officier de policeJorge de la Rosa
Un notaireJuan Carrillo
ChœursCoro de la Asociación de Amigos del Teatro de la Maestranza
OrchestreReal Orquesta Sinfónica de Sevilla


MusiqueGioachino Rossini
LivretCesare Sterbini
Direction musicaleGiuseppe Finzi
Mise en scèneJosé Luis Castro
Chef des ChœursÍñigo Sampil
Décors & CostumesCarmen Laffón, Juan Suárez, Ana María Abascal, Jacobo Cortines
LumièresJuan Manuel Guerra
Direction musicale & artistiqueJohn Axelrod

Acte I

À Séville, le comte Almaviva veut épouser Rosina. Il se fait passer pour un étudiant sans-le-sou dans l'espoir qu'elle tombe amoureuse de lui sans condition plutôt que pour son titre ou son argent. Rosina vit avec le vieux docteur Bartolo, son tuteur, qui souhaite l'épouser dès que possible et recevoir sa dot. Le comte fait la sérénade à Rosina devant sa fenêtre, mais elle n'apparaît pas sur son balcon. Figaro, le barbier local, le reconnaît et lui propose son aide. Il suggère au comte de se faire passer pour un soldat ivre et de demander à rester chez Bartolo. Ainsi, il pourra se rapprocher de Rosina.

À l'intérieur de la maison, Rosina écrit une lettre à l'étudiant qu'elle a entendu au bas de sa fenêtre. Don Basilio, son professeur de musique, explique à Bartolo qu'il devrait se méfier de Rosina et du comte. Quand ce dernier arrive déguisé, il glisse une lettre d'amour à Rosina et lui murmure qu'il est en fait l'étudiant qui lui a adressé une sérénade. Bartolo exige de savoir ce que contient ce billet, mais Rosina le trompe en lui remettant sa liste de blanchisserie à la place. Bartolo et le comte se disputent bruyamment, attirant l'attention du sergent de police et de ses officiers, qui se pressent dans la pièce. Bartolo exige qu'ils arrêtent le soldat ivre, mais Almaviva révèle discrètement sa véritable identité au sergent, qui se retire ensuite, provoquant un chaos et une confusion totale.

Acte II

Le comte Almaviva apparaît chez Bartolo, cette fois déguisé en prêtre. Il explique au médecin qu'il est aussi professeur de chant et qu'il est venu remplacer Don Basilio, soudainement malade. Bartolo se méfie mais laisse la leçon se dérouler sous sa supervision. Figaro arrive pour tailler la barbe de Bartolo, le distrayant suffisamment pour que le comte et Rosina se déclarent leur amour mutuel et planifient leur fuite. Lorsque Basilio arrive, le comte tente de le soudoyer pour qu'il parte et s’étonne à haute voix de son air souffrant. Mais Bartolo comprend qu’il y a anguille sous roche et demande à Basilio de convoquer le notaire pour qu'il épouse Rosina immédiatement.

Alors qu’une tempête fait rage, le comte et Figaro grimpent sur une échelle jusqu'à la chambre de Rosina pour l'emmener. Mais alors qu'ils sont sur le point de s'échapper, ils découvrent que l'échelle a disparu. En entendant des pas s'approcher, Figaro fait à Basilio une offre qu'il ne peut refuser, le forçant à être témoin du mariage de Rosina et Almaviva. Bartolo fait irruption, mais il est trop tard, le contrat de mariage a été signé. Ayant reçu la dot de Rosina en compensation, il accepte à contrecœur la situation et se joint au groupe alors que tous entonnent un hymne à l'amour.

5 clés pour aborder Le Barbier de Séville

1° Une première désastreuse

Lors de la première du Barbier de Séville début 1816, personne n'aurait pu prédire que l'opéra buffa (opéra comique) de Rossini deviendrait un jour l'un des opéras les plus joués et les plus appréciés de tous les temps. À l'époque, la pièce semblait cruellement manquer d’originalité. En 1782, un autre compositeur, Giovanni Paisiello, avait en effet déjà adapté avec succès la célèbre pièce de Beaumarchais, Le Barbier de Séville (1775), en opéra.

Les partisans de Paisiello considéraient la version de Rossini comme un affront et chahutèrent la première de l’opéra. La soirée d'ouverture fut un désastre : Zenobio Vitarelli, qui chantait le rôle de Don Basilio, glissa sur une trappe et saigna du nez pendant un certain temps, et un chat errant fit son entrée sur la scène. En conséquence, Rossini décida de rester chez lui pour la seconde représentation et fut surpris de se réveiller au son des applaudissements après l’opéra.

2° Une préquelle opératique

La pièce originale de Beaumarchais était la première d'une trilogie de drames centrée sur un Figaro intrigant. Aujourd'hui, on pourrait considérer Le Barbier de Séville comme une sorte de préquelle. Elle précède le célèbre opéra Les Noces de Figaro de Mozart composé 30 ans plus tôt, le barbier de l'opéra de Rossini étant en fait le Figaro pré-mariage de Mozart. Si l'on peut dire que l'opéra de Mozart contient une plus grande profondeur philosophique et un examen social plus poignant, peu d'opéras égalent Le Barbier de Séville en termes de comédie lyrique.

Bien que plus rarement jouée, la troisième pièce de la trilogie de Figaro fut également adaptée en opéra. Darius Milhaud termina La mère coupable, d'après la pièce éponyme de Beaumarchais, en 1966.

3° Figaro par-ci, Figaro par-là

Abordant des sujets épineux tels que la nouvelle bourgeoisie et la mobilité sociale, Le Barbier de Séville parvient à un équilibre en parlant aux masses sans trop s’éloigner de la noblesse. Figaro est un homme d'origine modeste, qui ne peut compter que sur son esprit et son travail pour aller de l'avant. Il crée son propre salon de coiffure et, selon ses propres termes, devient un factotum, celui sur lequel tout le monde peut compter en ville.

Alors que la culture de l'opéra était clairement élitiste à l'époque – et continue de l'être dans de nombreux endroits –, avec Figaro apparut un personnage auquel les classes populaires pouvaient s'identifier. En effet, si la pièce de Beaumarchais était explicitement satirique quant à la noblesse, Rossini était, lui, plutôt apolitique. En conséquence, l'opéra se révèle agréable pour des publics très divers.

4° Commedia dell'arte

L'opéra le plus populaire de Rossini doit beaucoup à la commedia dell'arte. Dans ce théâtre de rue comique italien, très populaire dans les années 1600, les interprètes jouant des personnages masqués improvisaient des dialogues basés sur quelques scénarios familiers. Dans la commedia dell'arte, il y a généralement un couple d'amants (innamorati) qui s'efforcent de se marier mais qui voient leurs plans déjoués pendant un certain temps par un ou plusieurs personnages plus âgés (vecchi). Les jeunes amants peuvent compter sur le soutien d’un ou de plusieurs serviteurs (zanni).

Beaumarchais avait clairement appris de la structure de la commedia dell'arte, car la plupart des personnages de sa pièce sont modelés sur ces archétypes. Le barbier Figaro est l’un des zanni : il est rusé, inventif et plus malin que tous les autres. Le docteur Bartolo est une combinaison de deux types de personnages vecchi : Il Dottore, un vieux médecin glouton et stupide, et Pantalone, un sinistre gardien avare. Le professeur de musique, Don Basilio, est une variation du type zanni, Pulcinella, fourbe et acariâtre. Et la liste continue...

5° L'ouverture égarée

L'ouverture actuellement connue provient en fait de deux opéras de Rossini antérieurs, Aureliano in Palmira et Elisabetta, regina d'Inghilterra, ce qui explique pourquoi elle ne contient aucun des éléments thématiques du Barbier de Séville. Au début de l'histoire de l'opéra, elle fut substituée à l'ouverture originale, qui ne survécut pas à la première production au Teatro Argentino, probablement par accident. L'existence de la pièce égarée est documentée dans une lettre écrite par Rossini en 1866.

Le biographe de Rossini, Giuseppe Radiciotti, se réfère au récit de l'acolyte peu fiable du compositeur Edmond Michotte, selon lequel Rossini composa l'ouverture originale à partir de thèmes fournis par le célèbre ténor espagnol Manuel Garcia, qui incarna le comte Almaviva lors de la première. Aujourd'hui, on ne peut que se demander à quoi ressemblait l'ouverture et si elle contenait vraiment des thèmes espagnols.