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Edison Araya

Teatro Municipal de Santiago

Le Barbier de Séville

Faites place au factotum de la cité !

Opéras | Rossini

Un comte passionné fait appel à un barbier aux talents multiples pour l'aider à courtiser et épouser une femme à l'esprit vif. Mais il leur faudra toute leur ruse - ainsi que quelques déguisements et pots-de-vin - pour que l'amour l'emporte.

 

Connu pour ses mélodies grisantes et ses personnages charismatiques, le chef-d'œuvre comique de Rossini est un pur divertissement. Avec Levy Sekgapane, lauréat du concours Operalia, dans le rôle du comte Almaviva, cette production de l'Opéra National du Chili s'inscrit dans le cadre des événements d'OperaVision pour marquer le tout premier World Opera Day ce 25 octobre 2019.

Chanté en italien

 

Sous-titres en anglais avec possibilité de traduire automatiquement dans plus de cent autres langues.

Disponible à partir du
27.10.2019 à 20h00 CET

jusqu'au
26.04.2020 à 23h59 CET

FígaroRodion Pogossov
Comte AlmavivaLevy Sekgapane
RosinaVictoria Yarovaya
Don BartoloJosé Fardilha
Don BasilioPavel Chervinsky
BertaJeannette Fischer
FiorelloJavier Weibel
ChœursChoeur du Municipal de Santiago
OrchestreOrchestre du Municipal de Santiago


MusiqueGioachino Rossini
LivretCesare Sterbini
Direction musicaleJosé Miguel Pérez-Sierra
Mise en scèneFabio Sparvoli
DécorsGiorgio Richelli
CostumesSimona Morresi
LumièresJosé Luis Fiorruccio
Chef des ChœursJorge Klastornick

Acte I

À Séville, le comte Almaviva veut épouser Rosina. Il se fait passer pour un étudiant sans-le-sou dans l'espoir qu'elle tombe amoureuse de lui sans condition plutôt que pour son titre ou son argent. Rosina vit avec le vieux docteur Bartolo, son tuteur, qui souhaite l'épouser dès que possible et recevoir sa dot. Le comte fait la sérénade à Rosina devant sa fenêtre, mais elle n'apparaît pas sur son balcon. Figaro, le barbier local, le reconnaît et lui propose son aide. Il suggère au comte de se faire passer pour un soldat ivre et de demander à rester chez Bartolo. Ainsi, il pourra se rapprocher de Rosina.

À l'intérieur de la maison, Rosina écrit une lettre à l'étudiant qu'elle a entendu au bas de sa fenêtre. Don Basilio, son professeur de musique, explique à Bartolo qu'il devrait se méfier de Rosina et du comte. Quand ce dernier arrive déguisé, il glisse une lettre d'amour à Rosina et lui murmure qu'il est en fait l'étudiant qui lui a adressé une sérénade. Bartolo exige de savoir ce que contient ce billet, mais Rosina le trompe en lui remettant sa liste de blanchisserie à la place. Bartolo et le comte se disputent bruyamment, attirant l'attention du sergent de police et de ses officiers, qui se pressent dans la pièce. Bartolo exige qu'ils arrêtent le soldat ivre, mais Almaviva révèle discrètement sa véritable identité au sergent, qui se retire ensuite, provoquant un chaos et une confusion totale.

Acte II

Le comte Almaviva apparaît chez Bartolo, cette fois déguisé en prêtre. Il explique au médecin qu'il est aussi professeur de chant et qu'il est venu remplacer Don Basilio, soudainement malade. Bartolo se méfie mais laisse la leçon se dérouler sous sa supervision. Figaro arrive pour tailler la barbe de Bartolo, le distrayant suffisamment pour que le comte et Rosina se déclarent leur amour mutuel et planifient leur fuite. Lorsque Basilio arrive, le comte tente de le soudoyer pour qu'il parte et s’étonne à haute voix de son air souffrant. Mais Bartolo comprend qu’il y a anguille sous roche et demande à Basilio de convoquer le notaire pour qu'il épouse Rosina immédiatement.

Alors qu’une tempête fait rage, le comte et Figaro grimpent sur une échelle jusqu'à la chambre de Rosina pour l'emmener. Mais alors qu'ils sont sur le point de s'échapper, ils découvrent que l'échelle a disparu. En entendant des pas s'approcher, Figaro fait à Basilio une offre qu'il ne peut refuser, le forçant à être témoin du mariage de Rosina et Almaviva. Bartolo fait irruption, mais il est trop tard, le contrat de mariage a été signé. Ayant reçu la dot de Rosina en compensation, il accepte à contrecœur la situation et se joint au groupe alors que tous entonnent un hymne à l'amour.

Le triomphe de l'intelligence

José Miguel Pérez-Sierra dirige Le Barbier de Séville au Teatro Municipal de Santiago. Le maestro espagnol nous parle de son amour pour Rossini et revient sur les raisons pour lesquelles l'opéra a su résister à l'épreuve du temps.

Le Barbier de Séville traite de sujets qui étaient universels à l'époque de Rossini et le sont encore aujourd'hui, tels que la question de la nouvelle bourgeoisie et de la mobilité sociale représentée par Figaro. C'est un homme aux origines modestes qui, grâce à son intelligence, son travail et son savoir-faire, parvient à devenir son propre patron. Il ouvre son salon de coiffure et devient, selon ses propres termes, un factotum, l’homme à tout faire de la ville. Tous peuvent compter sur son aide, peu importe la situation.

Si l'opéra était élitiste à l'époque, voici un personnage auquel s'identifiaient aussi les classes sociales les plus modestes et qui travaillaient dur. Le Barbier de Séville était un grand manifeste en faveur du progrès social, mais n'offensait ni la noblesse ni les riches, de sorte qu'il pouvait être apprécié par des personnes de milieux sociaux plus élevés. C'est la raison pour laquelle il est devenu le plus populaire de tous les opéras de Rossini et qu’il est toujours resté dans le répertoire.

J'ai dirigé La Cenerentola au Teatro Municipal de Santiago en 2017. Sur le plan musical, ces deux opéras de Rossini sont très similaires, puisqu'ils ont été écrits à un an ou deux d’écart. Le contenu de La Cenerentola est peut-être plus moral. Après tout, c'est une fable, ce qui signifie qu'il doit y avoir une morale à en tirer qui puisse être appliquée à la vie réelle. Dans La Cenerentola, c'est la bonté qui triomphe, tandis que dans Le Barbier de Séville, c'est l'intelligence. Disons que dans ce dernier opéra, le contenu s’avère être plus social que moral : l’histoire démontre qu’il suffit d’être intelligent pour l'emporter.

Ce fut un réel plaisir de travailler avec les artistes et l'équipe créative de l’Ópera Nacional de Chile. Fabio Sparvoli est un metteur en scène aux idées brillantes. Patricio Sabaté, Evelyn Ramírez et Sergio Gallardo sont des chanteurs vraiment extraordinaires et seraient les bienvenus dans n'importe quel théâtre du monde. Les rôles principaux sont interprétés par des artistes de renommée mondiale : le baryton russe Rodion Pogossov, qui a joué Figaro au Metropolitan Opera de New York ; la mezzo-soprano russe Victoria Yarovaya, qui est pour moi la plus grande Rosina au monde ; le ténor sud-africain Levy Sekgapane dans le rôle du comte Almaviva, premier prix du concours Operalia 2017 ; la soprano suisse Jeannette Fischer, la grande Berta des 30 dernières années et la dernière à avoir enregistré Le Barbier de Séville avec Alberto Zedda. Je suis reconnaissant d'avoir pu louer à Ricordi l'édition de la partition du regretté chef d'orchestre, car l'orchestration y est tout à fait fidèle au manuscrit original de Rossini.

Je dirige Rossini depuis le début de ma carrière et je suis toujours captivé par l'originalité du compositeur. Il est fascinant de constater que Le Barbier de Séville ou La Cenerentola sont restés dans le répertoire et ont toujours été aimés du public. Je trouve également incroyable que parmi les trente-neuf opéras de Rossini, la quasi totalité d’entre eux aient été rejoués  au cours des cinquante dernières années et qu'ils soient maintenant fréquemment programmés. Ils n'avaient pas été mis en scène pendant un siècle, mais chaque nouvelle représentation a été couronnée de succès.

Pour une raison ou une autre, Rossini est un compositeur absolument contemporain, qui éveille la curiosité et l’intérêt du public d'une manière remarquable. Sa musique est incroyable et se caractérise par une extraordinaire théâtralité. Il y a eu très peu de compositeurs aussi brillants depuis Rossini. C'était un génie.

Ce texte est basé sur une interview de José Miguel Pérez-Sierra, parue pour la première fois dans le programme du Barbier de Séville en septembre 2018.