Preloader Operavision
Hannakaisa Nyrönen, Jenny Carlstedt, Nicholas Söderlund - photo: Tuomo Manninen

Finnish National Opera and Ballet

Covid fan tutte

Un opéra classique revisité

Opéras | Mozart

Sur scène, les chanteurs répètent Die Walküre lorsqu'ils sont soudainement interrompus. La direction ayant été licenciée et la nouvelle d'un virus mondial se répandant rapidement, les Wagnériens sont soudainement invités à interpréter une satire moderne de la situation.

 

Covid fan tutte revisite de manière satirique l'opéra classique de Mozart en adaptant son scénario pour refléter l'expérience de la Finlande pendant la crise du coronavirus. Avec la soprano Karita Mattila et dirigée par Esa-Pekka Salonen, la production suit avec légèreté la vie quotidienne des Finlandais, ponctuée par les conférences de presse du gouvernement et des experts. Le livret est de Minna Lindgren; la musique est (presque) à 100 % de Mozart.

Chanté en finnois

 

Sous-titres en anglais et possibilité de traduire automatiquement dans plus de cent autres langues.

Disponible à partir du
16.10.2020 à 19h00 CET

jusqu'au
26.02.2021 à 12h00 CET

DespinaKarita Mattila
FiordiligiMiina-Liisa Värelä
Don AlfonsoTommi Hakala
DorabellaJohanna Rusanen
FerrandoTuomas Katajala
GuglielmoWaltteri Torikka
Gestionnaire d'interfaceSanna-Kaisa Palo
MouzartYlermi Rajamaa
Virus du CovidNatasha Lommi
Interprète langue des signesOuti Huusko


MusiqueWolfgang Amadeus Mozart
LivretMinna Lindgren, d'après Da Ponte
Direction musicaleEsa-Pekka Salonen
Mise en scèneJussi Nikkilä
DécorsMark Väisänen
CostumesErika Turunen
LumièresMikko Linnavuori
ChorégraphieRiikka Räsänen

Le Finnish National Opera tente de persévérer dans des circonstances exceptionnelles. Sur scène, des interprètes de Wagner se préparent à jouer Die Walküre comme prévu. La plupart des membres de la direction ont été licenciés. La situation est donc suivie par la responsable de l'interface, qui traduit la production en une adaptation satirique de Così fan tutte. Tant la musique de Mozart que l'intrigue qui met en avant la réaction finlandaise face à l'épidémie de coronavirus constituent un nouveau départ pour les wagnériens.

La soprano vedette arrive avec un peu de retard. Sa tournée internationale a été annulée mais le Finnish National Opera lui offre un emploi inattendu. Cependant, les chanteurs se lassent rapidement de ce projet temporaire. La soprano et le ténor expérimentent une romance sur le lieu de travail, mais les mesures de distanciation sociale et la responsable d'interface perturbent leurs intentions. Cette dernière a trouvé un médecin qui va tester sur les chanteurs un vaccin qu'il a mis au point.

Soudain, la personnification du Covid apparaît aux différents intervenants. Personne ne sait si cette vision est vraie ou s’il ne s’agit que d’une illusion ou du symptôme d'une maladie. Seul la chanteuse vedette reste saine d'esprit et part pour Paris après avoir reçu un billet d'avion. Enfin, on célèbre un avenir meilleur, une époque où l'économie s'est redressée et où Wagner peut enfin être chanté à l'opéra.

Mozart à Helsinki

À l'époque de Mozart, les interprètes n'hésitaient pas à modifier les opéras, à échanger les airs, à passer les sections ennuyeuses ou techniquement difficiles et à retoucher le livret. La notion d'œuvre d'art originale et authentique est une invention moderne. La production 2020 du Finnish National Opera jette ces scrupules par-dessus bord et actualise radicalement Così fan tutte. Il en résulte un regard satirique sur la période de pandémie en Finlande.

Mozart était un homme espiègle et imaginatif qui ne se limitait pas à une pensée conventionnelle. Il serait probablement très enthousiaste quant au projet.

Esa-Pekka Salonen, chef d'orchestre

Le compositeur et chef d'orchestre principal du Philharmonia Orchestra de Londres, Esa-Pekka Salonen, s'est envolé pour sa ville natale d'Helsinki lorsque la pandémie a éclaté, où il a imaginé le projet avec la soprano finlandaise Karita Mattila.

« Nous ne nous moquons pas de la tragédie et de la crise du Covid-19. L'œuvre raconte simplement la réalité dans laquelle nous vivons », précise M. Salonen. « On pointe souvent l’opéra pour son manque de modernité et de réaction face aux problèmes contemporains. Cette œuvre traite précisément de notre époque et de nos contemporains. »

Une réaction aussi rapide s’est avérée possible puisque Covid fan tutte a été créé en moins de six mois au lieu des quelques années qu'il faut habituellement pour mettre en scène un nouvel opéra. La librettiste Minna Lindgren, qui a entièrement réécrit le livret de la production, réfléchit au manque de temps : « Même Mozart savait que l'impresario qui se déchaîne est la meilleure inspiration d'un artiste ».

Je crois que nous pourrons rire ou au moins sourire de nos expériences communes une fois que nous aurons vu à quel point elles s'accordent avec la musique de Mozart. Cet opéra ne parle pas d'une maladie grave, de nos peurs, ni même de la mort. J'espère que la magie unique de l'opéra de Mozart nous fera tous nous arrêter et apprécier une simple histoire mise en musique.

Minna Lindgren, librettiste

La décision de condenser Così fan tutte était stratégique, car l'opéra peut être joué avec un petit orchestre et sans chœur pour assurer la distanciation sociale. Comme Così fan tutte est un « opéra à numéro », à savoir composé de morceaux de musique individuels, Lindgren a pu choisir les airs qui convenaient le mieux à leur projet. « Nous avions besoin d'un duo insouciant, d'un air tendre, d'un autre ardemment énergique et d'un autre plein de rage. Un quintette déterminé ouvre la conférence de presse du gouvernement, tandis que son tendre équivalent évoque la fragilité des personnes âgées ».

Dans cette nouvelle histoire fragmentée, Lindgren a laissé de côté les récitatifs et a adopté ce qu'elle appelle « l'approche des contemporains de Mozart en matière de droits d'auteur » en offrant à l'équipe de Jussi Nikkilä la totale liberté de modifier ses lignes. L'ordre original de la musique a été modifié afin d'éviter les rebondissements inutiles de l'intrigue. Le rôle de Despina, interprété par Mattila, a pris de l'importance dans cette version et la soprano s’approprie à plusieurs reprises les parties de baryton de Guglielmo et Alfonso. Les auditeurs attentifs reconnaîtront un air de Don Giovanni et un autre de La Flûte enchantée. L'aria alternatif pour baryton, issu de la première mondiale de Così fan tutte à Vienne et rarement interprété, se révèle particulièrement savoureux. Les interludes nécessaires, les parties de clavier et le flip dans l'ouverture ont été composés par Esa-Pekka Salonen.

Ce que vous allez vivre ici est un opéra de Mozart tel que vous ne l'avez jamais entendu auparavant : chanté en finnois, joyeusement irrévérencieux et tout à fait d'actualité. Covid fan tutte : personne d'autre ne l’a fait (comme le Finnish National Opera).