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Jorge Lizalde Cano

Longborough Festival Opera

Die Walküre

Vikings, Valkyries, Valhalla

Opéras | Wagner

Une tempête provoque la rencontre entre Siegmund et Sieglinde. Ils ne savent pas que leur père est le chef des dieux, Wotan, qui par l'intermédiaire de Siegmund espère récupérer un anneau au pouvoir ultime.

 

Après L’Or du Rhin (Das Rheingold) acclamé par la critique, Longborough Festival Opera continue de monter L’Anneau du Nibelung (Der Ring des Nibelungen), la tétralogie épique de Wagner, avec une Walkyrie (Die Walküre) semi-scénique dirigée par Anthony Negus, le directeur musical de Longborough « qui connaît probablement le Ring mieux que tout autre chef d'orchestre britannique vivant » (The Times). La distribution en grande partie britannique présente plusieurs générations de grands interprètes wagnériens.

Enregistré le 8 juin 2021.

 

Chanté en allemand. Sous-titres disponibles en anglais avec possibilité de traduire automatiquement dans plus de cent autres langues.

Disponible à partir du
12.11.2021 à 19h00 CET

jusqu'au
25.02.2022 à 12h00 CET

SiegmundPeter Wedd
SieglindeSarah Marie Kramer
WotanPaul Carey Jones
FrickaMadeleine Shaw
BrünnhildeLee Bisset
HundingBrindley Sherratt
GerhildeMeeta Raval
OrtlindeCara McHardy
WaltrauteFlora McIntosh
SchwertleiteRhonda Browne
HelmwigeKatie Lowe
SiegruneCarolyn Dobbin
GrimgerdeKatie Stevenson
RossweisseEmma Lewis
OrchestreLongborough Festival Orchestra


MusiqueRichard Wagner
Direction musicaleAnthony Negus
Mise en scèneAmy Lane
LumièresCharlie Morgan Jones
ChorégraphieLorena Randi
Production vidéoStagecast
Assistant directeur musicalPeter Selwyn
RépétiteurKelvin Lim
Coach de langueDominik Dengler
Sous-titres anglaisSophie Rashbrook
Directeur de castingMalcolm Rivers en partenariat avec The Mastersingers
Conseiller artistiqueIsabel Murphy
Réduction d'orchestreFrancis Griffin

Acte I

Lors d'une violente tempête, un étranger se réfugie dans la maison de Sieglinde et Hunding. Au retour de Hunding, il apparaît clairement que l'étranger désarmé fuit les hommes de la famille de Hunding. La loi exige que Siegmund reçoive l'hospitalité pour la nuit, mais Hunding prévient que la vengeance suivra au matin. Sieglinde donne à Hunding une boisson pour dormir et raconte à l'étranger l’histoire de l'épée dans le tronc de l'arbre. Alors qu'ils partagent leurs histoires, les sentiments mutuels se transforment rapidement en passion. Sieglinde, puisant dans ses souvenirs les plus anciens, réalise également qu'ils ne sont pas étrangers. Il est son frère jumeau, et elle le nomme Siegmund. Fort de cette nouvelle identité, Siegmund tire l'épée de l'arbre, et le frère et la sœur s'échappent, à présent mari et femme.

Acte II

Wotan voit en Siegmund une opportunité de récupérer l'anneau de pouvoir perdu au cours des événements de L'Or du Rhin, qui est maintenant entre les griffes du géant Fafner. Wotan demande à sa fille préférée, la Valkyrie Brünnhilde, de protéger Siegmund dans son prochain combat contre Hunding. Fricka, épouse de Wotan et déesse du mariage, est indignée par l'infidélité de Wotan et le comportement incestueux des jumeaux. À la demande de Fricka, Wotan doit ordonner à Brünnhilde de laisser Siegmund tomber dans la bataille contre Hunding. Wotan partage son histoire et ses moments les plus sombres avec Brünnhilde et donne ensuite l'ordre de Fricka à la Valkyrie : Siegmund doit mourir dans la bataille. Alors que Sieglinde et Siegmund fuient Hunding, Brünnhilde apparaît et finit par offrir sa protection. Siegmund et Hunding se battent, et Wotan brise l'épée de son fils, causant la mort de Siegmund. Brünnhilde emporte Sieglinde et l'épée brisée, Wotan jurant de se venger de sa désobéissance.

Acte III

Les Valkyries se rassemblent sur la montagne rocheuse, avant d'emmener les héros morts vers Wotan et le Valhalla. Brünnhilde leur amène Sieglinde, les suppliant de la soutenir face à la colère de Wotan. Elle leur révèle que Sieglinde porte un enfant qui s'appellera Siegfried, mais ils refusent de l'aider par crainte de la colère de Wotan. Brünnhilde donne à Sieglinde les morceaux brisés de l'épée Nothung, qu'un jour Siegfried forgera à nouveau. Elle envoie ensuite Sieglinde dans la forêt pour se débrouiller seule, restant dans l’attente du jugement de Wotan. Wotan arrive dans une énorme tempête et, pour la punir de sa désobéissance, dépouille Brünnhilde de ses pouvoirs, lui ôtant son immortalité. Il la plonge dans un profond sommeil, pour qu'un homme mortel vienne la réclamer comme épouse. Sur l'insistance de Brünnhilde, Wotan entoure de feu le rocher sur lequel elle dort : seul un héros intrépide et digne d'elle sera capable de braver les flammes.

L’histoire de deux héros

 Sophie Rashbrook s'entretient avec Anthony Negus, directeur musical de Longborough et chef d'orchestre de Die Walküre. 

Die Walküre. La Walkyrie. Si l'on réfléchit un instant au titre que Wagner a donné au deuxième volet de sa tétralogie, on pourrait s'attendre à ce qu'il ne se consacre qu’à son héroïne éponyme. Cependant, comme l'explique le directeur musical de Longborough, Anthony Negus, l'opéra ne se résume pas à l'histoire de la fille walkyrie de Wotan : « Il s’agit de deux histoires en une. Si l'on ne prenait que les deux premiers actes, on pourrait l'appeler "La vie et la mort de Siegmund". Ce n'est qu'aux deuxième et troisième actes que son histoire se superpose à celle des jumeaux, Siegmund et Sieglinde, et que Brünnhilde émerge comme héroïne. »

C'est le chevauchement des destins de ces deux personnages qui engendre le tournant crucial du drame : touchée par l'amour des jumeaux l'un pour l'autre, Brünnhilde défie les ordres de son père, ce qui a des conséquences considérables pour l'ensemble du Cycle. Pour Anthony Negus, il peut être pratique de voir Die Walküre comme l'histoire de deux protagonistes : « En tant qu'interprète, je m’aide en pensant aux arcs de ces deux personnages, Siegmund et Brünnhilde. Cela donne une unité à l'opéra et en particulier à l'énorme – voire légèrement tentaculaire – deuxième acte. »

Anthony Negus a dirigé l'intégralité de la tétralogie de Wagner à Longborough il y a huit ans, et il est surpris par la manière dont son approche a évolué entre-temps. « Je pense que j'ai acquis une plus grande précision. Je me suis également inspiré d'enregistrements dirigés par Wilhelm Furtwängler. Son sens du rythme était extraordinaire et il donne l'impression d'un développement constant de la musique au fur et à mesure qu'elle se déroule. » Je demande à Anthony Negus si, sans tenir compte des quatre heures de Die Walküre, dans quelle mesure le rythme est un défi lors de la préparation de la saison 2024 de Longborough. De nombreux spectateurs de Longborough savent que c'est à cette date qu'il doit diriger la tétralogie dans son intégralité, mais il n'est pas découragé. « Il s'agit en réalité d'une trilogie avec un prélude. Le prélude, ou Vorabend comme l'appelle Wagner, est Das Rheingold, mais quel prélude ! Je suis juste un peu triste que nous ayons à attendre encore trois ans avant de pouvoir entendre les quatre opéras ensemble ! »

Du vivant de Wagner, les spectateurs ont dû attendre beaucoup plus longtemps pour entendre le cycle complet dans l'ordre. Wagner a composé les textes de chaque opéra dans l'ordre inverse, puis les a mis en musique dans l'ordre chronologique entre 1853 (Das Rheingold) et 1874 (Götterdämmerung) ; une période qui comprenait une interruption de 12 ans, pendant laquelle il a composé Tristan und Isolde et Die Meistersinger. Ce n'est qu'en 1876 que les quatre opéras ont été créés en tant que cycle complet au festival de Bayreuth, le théâtre emblématique de Wagner dont Longborough s'inspire.

La connaissance qu'a Anthony Negus des opéras de Wagner lui donne une perspective unique sur le rôle central de Die Walküre dans l'ensemble de la saga : « Il déclenche les événements du reste de la série. Siegmund est censé être le héros libre et indépendant de Wotan, mais comme le souligne Fricka, Wotan lui-même a fatalement saboté ce plan en plaçant l'épée dans l'arbre, l'aidant ainsi à l’obtenir. Nous voyons également l'évolution de Wotan, d’un personnage assez rustre dans L'Or du Rhin à un être d'une profondeur tragique. Et nous voyons le courage de Brünnhilde, lorsque son père Wotan menace de la punir en la plongeant dans un sommeil enchanté. Seul celui qui ne connaît pas la peur peut la sauver du feu ardent, et la musique nous dit de qui il s’agit ! » Avant d'en arriver à Siegfried, cependant, nous devons attendre une année de plus.

« Bien que l'opéra se réfère à L’Or du Rhin, la musique prend de plus en plus le dessus dans chaque opéra, et il y a de longs passages musicaux sans chant dans La Walkyrie. » Il cite l’exemple marquant du premier acte, lorsque Sieglinde tente de faire prendre conscience à Siegmund de l'épée dans l'arbre par la seule force de son regard. Puisque son mari est présent, elle ne peut pas s'adresser directement à Siegmund et l'orchestre joue ce qu'elle ne peut exprimer par les mots. » Die Walküre explore également la profondeur et de nouvelles manières de dépeindre la relation entre le frères et la sœur : « Beaucoup de gens préfèrent le premier acte de Die Walküre. Il montre l'épanouissement de leur amour. On ressent une compassion sincère à l’égard de leur destin. »

Enfin et surtout, selon Anthony Negus, l'opéra ne contient rien de moins que « la mélodie la plus glorieuse de tout le Ring » : le moment où Sieglinde apprend de Brünnhilde qu'elle porte l'enfant de Siegmund, et où elle chante : “O hehrstes Wunder ! Herrlichste Maid !” Cette mélodie que l’on appelle parfois “Glorification de Brünnhilde” ne revient que dans Götterdämmerung [le volet final] comme symbole de rédemption lorsque le Walhalla, le palais des dieux, est détruit. Mais personne ne chante le thème avec une ligne aussi merveilleuse que Sieglinde à ce moment-là. »

Il semble plutôt intimidant d'imaginer qu'une seule phrase musicale puisse résumer et préfigurer l'apothéose de tout le cycle. Avec un tel volume de récit à traverser et tant de musique à interpréter, je demande à Anthony Negus ce à quoi il pense dans les secondes qui précèdent le début de l'opéra. « C'est une très bonne question. » Il s'arrête et contemple la scène. « La musique doit prendre vie, viscéralement, sur le moment. Je pense que ma pensée immédiate est : si j'y arrive dès le début, tout ira bien. C'est le saut de la foi. » Un saut que nous ferons tous ensemble aux côtés des héros de Die Walküre.

L'entretien a été mené par Sophie Rashbrook, écrivaine, librettiste et dramaturge d'opéra.