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Johan Persson

Garsington Opera

Fidelio

Ode à l'amour et à la liberté

Opéras | Beethoven

Redoutant que son mari disparu ne soit détenu comme prisonnier politique, une femme noble se déguise en gardien de prison. Elle le retrouve affaibli dans le donjon le plus sombre de l'établissement, mais pourra-t-elle le sauver avant qu'il ne soit trop tard ?

 

Les thèmes de l'oppression et de l'isolement, mais aussi de l'espoir et du pouvoir de l'amour font de Fidélio un opéra parfaitement adapté à notre époque. La formule semi-scénique de Peter Mumford présente une distribution exceptionnelle, menée par Katherine Broderick dans le rôle de Leonore et Toby Spence dans celui de Florestan, qui interprètent le chef d'oeuvre de Beethoven sur fond de magnifiques projections visuelles.

Enregistré le 16 septembre 2020

 

Chanté en allemand. Sous-titres en anglais et possibilité de traduire automatiquement dans plus de cent autres langues.

Disponible à partir du
23.10.2020 à 19h00 CET

jusqu'au
22.04.2021 à 12h00 CET

JaquinoTrystan Llŷr Griffiths
MarzellineGalina Averina
LeonoreKatherine Broderick
RoccoStephen Richardson
Don PizarroAndrew Foster-Williams
FlorestanToby Spence
Don FernandoRichard Burkhard
Premier prisonnierRichard Pinkstone
Second prisonnierThomas D Hopkinson
ChœursGarsington Opera Chorus
OrchestrePhilharmonia Orchestra


MusiqueLudwig van Beethoven
Direction musicaleDouglas Boyd
Mise en scène / Lumières & ProjectionsPeter Mumford
Associé conception vidéoWilliam Reynolds
Assistant chef d'orchestre et chef de choeurJonathon Swinard
Assistante mise en scèneCecilia Stinton
Orchestration réduiteFrancis Griffin

Leonore, déguisée en Fidelio, a obtenu un poste à la prison où son mari, Florestan, a selon elle été incarcéré illégalement. Marzelline, la fille du gardien de prison Rocco, s’éprend de Fidelio, au grand dam de son collègue Jaquino.

Fidelio persuade Rocco de partager la surveillance des détenus. Après avoir entendu parler d’une machination visant à assassiner Florestan, Fidelio obtient la permission d'aider à préparer la tombe.

Privé de lumière, d'air, de nourriture et de liberté, Florestan envisage sa situation désespérée et a une vision de Leonore le menant à la liberté. Fidelio reconnaît la voix de son mari et lui révèle sa véritable identité. Leonore menace alors le gouverneur Pizarro avec un pistolet. À ce moment précis, le ministre arrive et octroie la grâce à l’ensemble des prisonniers, permettant à Leonore de libérer enfin son Florestan bien-aimé.

Fidelio à la rescousse

L'ultime opération de sauvetage

Le seul opéra de Beethoven, Fidelio, est considéré comme l'exemple le plus célèbre d’opéra à sauvetage. Bien que le terme ait été inventé beaucoup plus tard, le genre décrit des opéras de la fin du 18e et du début du 19e siècle caractérisés par de nobles idéaux humanistes et évoquant le sauvetage héroïque d'un protagoniste en danger mortel. En d'autres termes, il décrit l'intrigue même de Fidelio.

Aujourd'hui, plus de 200 ans après la première de sa version finale à Vienne, l'opéra est à nouveau à la hauteur de sa réputation. Après plus de six mois de confinement, le choix de Fidelio pour le retour du Garsington Opera aux représentations en direct s’avère idéal. Concrètement, la production a permis de sauver l’édition 2020 du festival. Son impact symbolique est toutefois nettement plus profond.

Avec son message de courage face à la menace, l'opéra ne pouvait pas être plus opportun. L'application des restrictions liées à la pandémie de Covid-19 prend ici une dimension poétique. Le metteur en scène Peter Mumford a retravaillé une mise en scène de concert minimaliste créée à la Philharmonie de Paris en 2016. Des images filmées évoquant un décor de prison et rappelant Piranesi ou Goya sont projetées en noir et blanc en arrière-plan. Les images deviennent cramoisies dès que Pizarro (Andrew Foster-WIlliams) menace de recourir à la violence.

Comme un film muet

La décision de Mumford d'omettre le dialogue parlé s'avère être une heureuse surprise. Compte tenu de la nécessité de réduire le temps de représentation et de surmonter les défis liés à l'absence de costumes et de décor, le dialogue est remplacé par des titres narratifs comme dans un film muet. Le dispositif est aussi simple qu'efficace, ce qui permet à l'intrigue d'avancer en douceur et de se concentrer sur la musique. « Il est très difficile pour un metteur en scène d'incorporer le texte parlé sans ponctuer le déroulement de la pièce », remarque Mumford dans ses notes de mise en scène. En d'autres termes, le drame de Fidelio est souvent exprimé à travers la musique plutôt que dans l'action.

La musique, interprétée par un orchestre réduit de 13 musiciens sous la baguette du directeur artistique du Garsington Opera, Douglas Boyd, est en effet splendide. « Loin de passer à côté de la luxuriance des cordes, on peut entendre toutes les nuances de l'ingéniosité de Beethoven dans la construction des mélodies, des harmonies et de l'appareil rythmique. Chaque fois qu'une note provoque un changement d'harmonie particulièrement heureux, cette note nous est clairement indiquée, sans que l'orchestre n'ait à la cacher - une véritable révélation musicale. » (David Karlin, Bachtrack)

Une distribution d’exception

Incarnant sa première Leonore, Katherine Broderick est tour à tour profondément touchante et passionnante : « Töt' erst sein Weib » est tout simplement électrisant... Son interprétation est obsédante, belle et extraordinairement émouvante.

Tim Ashley, The Guardian

La distribution dans son ensemble a reçu des éloges similaires. Dans son évaluation de la représentation pour The Independent, Michael Church observe qu’au sein d’un casting particulièrement qualitatif, la soprano Katherine Broderick se démarque par sa puissance. Attestant d'une chaleur inhabituelle à Stephen Richardson dans le rôle du geôlier Rocco, il décrit Toby Spence dans le rôle de Florestan comme « le portrait d'une âme en souffrance ».

Pour déjouer les restrictions sanitaires qui rendent les pièces pour chœur actuellement impossibles à exécuter au Royaume-Uni, le chœur des prisonniers a été préenregistré sur Zoom par le Digital Young Artists Programme de Garsington et synchronisé en direct avec l'orchestre et trois choristes les soirs de représentation. Les visages des chanteurs sur fond d’images d’emprisonnement ne peuvent que provoquer une grande émotion.

Dans l'ensemble, cette version musique de chambre de l'opéra grandiose de Beethoven se révèle être particulièrement réjouissante.