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Studio Amati Bacciardi

Rossini Opera Festival

Guillaume Tell

Liberté, redescends des cieux, et que ton règne recommence !

Opéras | Rossini

Alors que Guillaume Tell incite ses pairs à l’insurrection afin de se libérer du joug étranger, un jeune homme doit choisir entre l'amour pour la sœur de son oppresseur et ses aspirations à la liberté.

 

Devenu le cri de ralliement de la révolution de 1830, le dernier opéra de Rossini est une œuvre révolutionnaire en soi. Guillaume Tell, qui s’inspire de la légende du héros suisse issue de la pièce de Schiller, est une ode grandiose à la liberté. Cette production, issue du Rossini Opera Festival de 2013 en collaboration avec Unitel, vous est proposée pendant 3 mois sur OperaVision.

Chanté en français

 

Sous-titres en français, anglais, allemand et possibilité de traduire automatiquement dans plus de cent autres langues.

Disponible à partir du
07.04.2020 à 19h00 CET

jusqu'au
07.07.2020 à 12h00 CET

Guillaume TellNicola Alaimo
Arnold MelchtalJuan Diego Flórez
Walter FurstSimon Orfila
MelchtalSimone Alberghini
JemmyAmanda Forsythe
GeslerLuca Tittoto
RodolpheAlessandro Luciano
Ruodi, un pêcheurCelso Albelo
Leuthold / Un chasseurWojtek Gierlach
MathildeMarina Rebeka
ChœursTeatro Communale di Bologna
OrchestreTeatro Communale di Bologna


MusiqueGioachino Rossini
LivretVictor-Joseph Étienne de Jouy & L. F. Bis
Direction musicaleMichele Mariotti
Mise en scèneGraham Vick
DécorsPaul Brown
CostumesPaul Brown
LumièresGiuseppe Di Iorio
ChorégraphieRon Howell
Chef des ChœursAndrea Faidutti

Acte I

Guillaume Tell, qui se trouve en compagnie de sa femme Hedwige et de son fils Jemmy, déplore l'oppression des Suisses par les Habsbourg. Trois mariages se préparent dans leur village, que le vieux Melcthal doit célébrer. Le fils de ce dernier, Arnold, un ami de Guillaume Tell, est secrètement amoureux de la princesse ennemie, Mathilde de Habsbourg.
Alors que les mariages battent leur plein, on entend au loin le cortège de chasse de Gesler, le bailli impérial et chef des Autrichiens. Le berger Leuthold se hâte pour éviter le convoi ; il a en effet tué un soldat autrichien qui voulait kidnapper sa fille. Guillaume Tell met Leuthold en sécurité de l'autre côté du lac des Quatre-Cantons. Pendant ce temps, Arnold est parti en secret pour retrouver sa bien-aimée. Rodolphe, chef des soldats de Gesler, fouille le village à la recherche de Leuthold. Comme personne ne lui dit qui a aidé Leuthold à s'échapper, Rodolphe met le feu au village et arrête le vieux Melcthal.

Acte II

Les chasseurs et les bergers vantent les joies des montagnes suisses et de la nature. Mathilde a quitté le convoi de chasse et rencontre Arnold. Tous deux se déclarent leur flamme. Quand Arnold aura obtenu la distinction militaire, il pourra demander la main de Mathilde. Elle se retire à l'approche de Tell et du résistant Walter Furst. Les deux hommes indiquent à Arnold que son père, le vieux Melcthal, a été tué par les Autrichiens. Ils se méfient de lui en raison de son amour pour la princesse. Arnold est profondément ému et réaffirme sa loyauté envers son peuple. Les représentants de tous les cantons suisses se rassemblent, désignent Guillaume Tell comme leur chef et prêtent le serment du Grütli qui scelle leur lutte pour la liberté.

Acte III

Dans un château en ruine, Arnold prévient Mathilde que, malgré ses sentiments pour elle, il va venger son père et rester fidèle à son pays, et refuse de s'enfuir avec elle. Ils se séparent en sachant qu’ils ne se reverront plus.
Dans le village d'Altdorf, Gesler organise une célébration de la souveraineté des Habsbourg et ordonne que tous les Suisses s'agenouillent devant une statue portant son chapeau. Tell et Jemmy refusent de s’exécuter, et Gesler force alors Tell à tirer une pomme placée sur la tête de son fils. Tell réussit le tir, mais quand une autre flèche lui glisse de la manche, il avoue qu'il l'aurait utilisée pour tuer Gesler s'il avait manqué sa première cible. Il est condamné à mort et est emmené. Quant à Mathilde, elle emmène Jemmy avec elle.

Acte IV

Arnold déplore l'arrestation de Tell dans sa hutte et appelle ses camarades à l'insurrection armée. Hedwige, désespérée, veut aller voir sa famille et mourir à leurs côtés lorsque Mathilde lui amène Jemmy, indemne. Jemmy met alors le feu à la hutte, ce qui est le signe que les Suisses sont prêts à se battre.
Tell doit être transporté à la rame à travers le lac des Quatre-Cantons par Gesler et ses hommes afin que sa sentence puisse être exécutée. Le brouillard et la tempête se lèvent, et les chaînes de Tell sont desserrées, car lui seul peut naviguer en toute sécurité. Peu avant l'accostage, Tell saute sur un rocher à terre et abandonne le bateau. Sa femme et son fils se précipitent vers lui et lui tendent son arbalète. Tell aperçoit la hutte en feu et tire sur Gesler, qui peut encore se sauver sur la terre ferme. Walter et son peuple apparaissent et se réjouissent de la mort de l'oppresseur. Arnold et ses hommes surgissent à leur tour et annoncent la libération d'Altdorf. Les Suisses célèbrent leur libérateur Tell et chantent cette nouvelle ère de paix et de liberté.

Guillaume Tell : la liberté pour tous

Rossini n'a que 31 ans lorsqu'il arrive à Paris. Il a alors déjà 12 ans de carrière remarquable et plus d'une trentaine d'opéras à son actif. Son style brillant et vif et ses envolées vocales vertigineuses lui avaient valu un succès considérable en Italie. À l'Opéra de Paris, un public réceptif l'attend, mais c'est un public habitué au grand opéra doté d’un chœur au premier plan et de longs intermèdes de danse. Avec des titres tels que Zelmira (Vienne, 1822) ou Semiramide (Naples, 1823), Rossini avait déjà pu concrétiser sa vision du grand opéra, et il prit le temps de se familiariser avec les conditions parisiennes – notamment avec la configuration compliquée de la salle.

Guillaume Tell dure cinq bonnes heures dans sa version intégrale et il existe davantage de versions différentes que pour tout autre opéra de Rossini. Celui-ci passait d’une répétition à l’autre, alternant fréquemment les instruments sur scène et dans la fosse – ce qui était tout à fait habituel à Paris. Ce ne fut qu'au cours des répétitions qu'il apparut clairement quels morceaux seraient gardés jusqu'à la première et lesquels seraient abandonnés. Cette toute nouvelle création musicale - les précédents opéras parisiens étaient tous des arrangements d'œuvres plus anciennes - contient également quelques notes folkloriques : le Ranz des Vaches, une danse folklorique de campagne, se fraye notamment un chemin jusqu'à la scène parisienne.

Même si ce sujet ne lui tient pas à cœur, Rossini aborde un thème caractéristique de l'époque : la liberté et les luttes des peuples étaient un sujet en vogue à Paris quelques années avant la Révolution de juillet. Cela se reflète dans d’autres opéras de Rossini écrits à cette époque : dans Le Siège de Corinthe (1826), les Grecs préfèrent mourir plutôt que de se soumettre aux Ottomans, dans Moïse (1827), les Hébreux se libèrent de l'oppression égyptienne et s'installent en terre promise. Guillaume Tell (1830), d'après le drame de Schiller Willhelm Tell et qui traite de la rébellion suisse contre la domination étrangère des Habsbourg, s'inscrit également dans cette tendance. L’objectif des librettistes n’est pas de contribuer à la construction d’un mythe national suisse, mais d’offrir au public un espace de projection exotique pour leurs propres rêves de liberté ; les Alpes et leurs gouffres étaient en effet aussi étrangères au public parisien que le désert d'Égypte.

Bien que Rossini projetait d'écrire bien d'autres opéras, Tell est le dernier opéra qu'il composa. En 1829, il signe un contrat, que Charles X lui-même contresigne, dans lequel il s'engage exclusivement auprès de l'Académie Royale de Musique à écrire au moins cinq opéras dans les dix prochaines années et s'assure ainsi une généreuse pension mensuelle. En 1830, Tell est donc le premier des cinq opéras prévus, mais peu après, au cours de la Révolution de juillet, Charles X est renversé et le contrat de Rossini est ainsi invalidé. Alors qu'il se bat en justice pour le versement de son contrat, il ne veut pas lui-même rompre la clause d'exclusivité qui y était contenue et cesse de composer. Lorsque le litige est finalement réglé en sa faveur en 1835, Rossini a déjà mentalement pris sa retraite - cet opéra fut donc aussi pour lui une libération de ses obligations professionnelles.

Le metteur en scène Graham Vick explique dans une interview à Pesaro : « Il mio pubblico preferito è popolare [...] Nessuno possiede l'arte » (Mon public idéal est populaire [...] L'art n'appartient à personne.) Dans cette production, il montre la lutte entre un peuple rebelle et une série d'oppresseurs avides et sadiques sur fond de sommets enneigés - que cette lutte soit entre Suisses et Habsbourg semble plutôt être une coïncidence. À l'instar de la première à Paris, la mise en scène préfère souligner le concept de la liberté pour laquelle on se bat plutôt que le contexte spécifique de l’action.  

Cet article est inspiré de textes du programme du Dr. hc. Reto Müller et de Nicholas Payne.