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Miguel Ponce & Miguel Lorenzo

Palau de les Arts Reina Sofía

Il corsaro

« Il corsaro » est très rarement représenté à l'opéra : vous avez de la chance, c’est le ténor Michael Fabiano qui interprète le rôle-titre, Corrado !

Opéras | Verdi

Chanté en italien.

Sous-titres en français, anglais, allemand et italien et possibilité de traduire automatiquement dans 114 langues.

Disponible à partir du
08.04.2018 à 20h00 CET

jusqu'au
07.10.2018 à 23h59 CET

CorradoMichael Fabiano
MedoraKristina Mkhitaryan
GulnaraOksana Dyka
SeidVito Priante
GiovanniEvgeny Stavinsky
OrchestreOrquestra de la Comunitat Valenciana


MusiqueGiuseppe Verdi
Direction musicaleFabio Biondi
Mise en scèneNicola Raab
DécorsGeorge Souglides
CostumesGeorge Souglides
Chorégraphie des combats et vidéoRan Arthur Braun

Acte I

L’île grecque des Corsaires. À bord de son bateau, le chef corsaire Corrado, en exil, plaint son existence de pirate. Il est déterminé à se battre contre Seid, le pacha Turc, et est encouragé par ses hommes. Pendant ce temps-là, seule dans sa chambre, sa bien-aimée Medora craint pour son destin et chante une chanson triste. Corrado vient la voir et lui parle de ses plans de bataille. Malgré les craintes de sa fiancée qui l’a supplié de ne pas y aller, Corrado la quitte pour aller affronter l’ennemi.

Acte II

La cité turque de Corone. Dans le harem de Seid, les odalisques sont en train de dorloter Gulnara, la favorite du pacha. Mais cette dernière rêve de retrouver sa liberté et de retourner dans sa terre natale. Un messager vient lui apporter une invitation à la célébration pour laquelle Seid se prépare après la défaite anticipée des Corsaires. Avant le banquet, Seid demande à Allah sa protection. Au cours de la fête, un derviche demande à Seid de le protéger après qu’il a échappé aux Corsaires. Seid accepte puis apprend que les bateaux turcs sont en flammes. Le derviche révèle son identité : il est Corrado, l’homme qui a attaqué avec ses troupes. Alors que la bataille semble gagnée, Corrado s’interrompt en apprenant que le harem est en flammes et part secourir Gulnara avec les autres femmes. Seid en profite pour contre attaquer. Finalement, Corrado est arrêté. Impressionné par les gestes braves de Corrado à son égard, Gulnara implore pour lui la clémence, mais Seid le condamne à mort.

Acte III

Seid voit sa victoire gâchée par la suspicion que Gulnara est amoureuse de Corrado. L’attitude défiante de la fille esclave remplit le turc de rage.

Gulnara rend visite à Corrado dans sa cellule et lui donne un poignard : elle a soudoyé les gardes afin qu’il puisse s’échapper et tuer Seid avec l’arme. Mais lorsque Corrado lui fait comprendre qu’il refuse de tuer le turc d’une façon aussi méprisable, Gulnara décide de le faire elle-même. Après son départ, une tempête éclate. Lorsqu’elle revient, elle apprend à Corrado que Seid est mort et lui propose de s’échapper avec elle. Corrado accepte et ils s’enfuient tous les deux vers l’île des Corsaires.

L’île grecque des Corsaires. Medora, désespérée d’être restée sans nouvelles de Corrado, a ingurgité du poison pour mettre fin à ses jours. Alors qu’elle est en train de mourir, le bateau des Corsaires arrive et Corrado et Gulnara se ruent vers la malheureuse Medora qui meurt dans les bras de son bien aimé. Par désespoir, Corrado se jette d’une falaise, malgré les efforts de ses hommes pour le retenir, et Gulnara s’évanouit.

Dans la tête d’un poète

En 1814, « The Corsair » de Lord Byron est publié et vendu à 10 000 exemplaires en un seul jour, un succès sans précédent pour un poème. Il est librement inspiré des voyages de Byron en Grèce, mais puise également son inspiration dans le monde intérieur de l’auteur et certains de ses points de vue politiques. Verdi est immédiatement attiré par le pouvoir émotionnel romantique de ce poème et demande à Francesco Maria Piave d’en faire un livret.

Corrado, le corsaire, combat l’humanité entière pour libérer les opprimés, mais souffre de la tâche qu’il s’est assignée en ceci qu’elle signifie cependant la guerre, la mort et la destruction, pour ses proches également.

Il en résulte un opéra extrêmement condensé et concis, d’une durée de moins de 2 heures, et qui donne l’impression d’être spectateur des événements – malgré les changements de lieu de l’île des Corsaires à l’ile grecque dominée par les Turcs – en temps réel. La connexion entre le personnage principal et le créateur de l’histoire semble palpable, et nous a conduit à vouloir intérioriser une grande partie de l’intrigue. Tous les événements extérieurs apparaissent soit comme des souvenirs, soit comme le fruit de l’imagination, le poète faisant ainsi surgir ses souvenirs à partir des manuscrits qu’il a déjà terminés, ou imaginant des actions et des personnages qu’il va ensuite coucher sur le papier. Finalement, il entre dans ses propres histoires et s’y abandonne. À la fin, on pourrait dire que l’on a été témoin des 2 dernières heures – à savoir la durée de l’opéra – de la vie du poète. On voit et l’on comprend la beauté destructrice du processus de création, les dangers qu’il y a à pénétrer dans les limbes de son propre esprit, en refusant de jamais en partir.

Nicola Raab, metteuse en scène