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Gilles Abegg – Opéra de Dijon

Opera de Dijon

Le Palais enchanté

Venez vous perdre dans le labyrinthe de ce chef-d’œuvre redécouvert

Flash-back | Rossi

Ce spectacle n'est plus disponible en vidéo à la demande, mais vous pouvez encore profiter des contenus annexes à la production.

Pour sauver son protégé d’un destin funeste, un magicien enferme chevaliers et dames dans un palais enchanté et labyrinthique jusqu’à leur en faire perdre la raison.

 

Le premier opéra de Luigi Rossi, qui ne ne compte pas moins de seize solistes, double et triple chœurs à 6 et 12 voix ainsi que de nombreux ballets, marque le dernier éclat de l’opéra romain avant que la Ville Éternelle ne le délaisse pour longtemps. Pour le chef d’orchestre argentin Leonardo García Alarcón, qui a redécouvert cet opéra oublié pendant près de 380 ans dans la Bibliothèque du Vatican, Il palazzo incantato est « le chaînon manquant dans l’histoire de l’opéra et la métaphore de nos vies ».

« On savait Leonardo Garcia Alarcon magicien, le voici passé prestidigitateur. » (Le Monde)

Enregistré le 5 Decembre 2020. Nouvelle production de l’Opéra de Dijon.

 

Chanté en Italien. Sous-titres en anglais et français avec la possibilité de traduire automatiquement dans plus de cent autres langues.

OrlandoVictor Sicard
AngelicaArianna Vendittelli
RuggieroFabio Trümpy
Bradamante / La PeintureDeanna Breiwick
AtlanteMark Milhofer
Olympia / La MusiqueLucía Martín-Cartón
Marfisa / La Magie / DoraliceMariana Flores
Gigante / Sacripante / GradassoGrigory Soloviov
Prasildo / Le NainKacper Szelążek
AlcesteAndré Lacerda
Ferrau / AstolfoValerio Contaldo
Fiordiligi / La PoésieGwendoline Blondeel
MandricardoAlexander Miminoshvili
DanseursJoy Alpuerto Ritter, Zora Snake
ComédiensPascal Carbon, Adrien Philippon, Priscilla Bescond, Sarah Mussard, Emeline Losange, Juliette Tardif, Raphaël Mena
ChœursChœur de l'Opéra de Dijon, Choeur de Chambre de Namur
OrchestreCappella Mediterranea


MusiqueLuigi Rossi
Direction musicaleLeonardo García Alarcón
Mise en scèneFabrice Murgia
DécorsVincent Lemaire
CostumesClara Peluffo Valentini
LumièresEmily Brassier, Giacinto Caponio
Chef de chantJacopo Raffaele
Chef de choeurAnass Ismat
Réalisation vidéoGiacinto Caponio
Assistants à la direction musicaleRodrigo Calveyra, Fabián Schofrin
Assistant à la mise en scèneFilippo Ferraresi
CadreursJohann Michalzcak, David Vong
Réalisation de costumesAteliers de l’Opéra national de Lorraine
Réalisation de décorsAteliers de l’Opéra de Dijon & Eclectik Scéno pour la conception d’un élément du décor
Edition des partitionsCappella Mediterranea / Transcription Pascal Duc Révisions & édition pratique : Leonardo García Alarcón
Créateur de sous-titresRichard Neel

PROLOGUE

Peinture, Poésie et Musique se disputent leurs mérites. La Peinture tarde à terminer les décors pour l’opéra à venir, lorsque survient la Magie, qui les élève en un clin d’oeil et choisit le sujet de l’opéra : Roger enfermé dans le palais d’Atlante, puis délivré par l’amante guerrière Bradamante, une illustration du thème : LOYAUTÉ ET VALEUR.

ACTE I

Le mage Atlante, protecteur du chevalier Roger, a imaginé un stratagème pour empêcher ce dernier d’aller vers le destin cruel qui l’attend s’il épouse son aimée Bradamante : le retenir dans un château magique et labyrinthique avec tous ceux qui passeront à sa portée et les retenir prisonniers dans une confusion totale.
C’est d’abord Roland qui arrive, à la poursuite de sa belle — mais vraie ou fausse ? — Angélique, qu’Atlante changé en géant enlève sous ses yeux. Bradamante et sa fidèle Marphise, la guerrière imperméable à l’amour, suivies des chevaliers Ferragus et Sacripant, qui poursuivent Angélique dont ils sont amoureux, sont à leur tour attirés dans le château.
Roger, qui peu auparavant a sauvé la vraie Angélique de l’Orque malfaisante, est en plein palabre — amoureux ? — avec elle au sujet d’un mystérieux anneau magique donné jadis à Roger par Bradamante mais appartenant en réalité à Angélique. Bradamante surprend la scène et suspecte immédiatement une tromperie amoureuse de Roger, qu’elle bat froid. Après le départ d’Angélique, ce dernier essaie de se justifier, en vain. La rupture semble consommée, au grand désespoir de Roger.
Tandis que les uns et les autres errent sans cesse dans le palais-labyrinthe, Mandricardo, à la recherche de Doralice, et Gradasso y sont attirés à leur tour, alors que de son côté Atlante y attire la jeune Olympia. Tous errent sans fin, Atlante s’employant par diverses apparitions sous diverses formes à semer une confusion plus grande encore.

ACTE II

Roger et Bradamante errent chacun de leur côté, l’un en proie au désespoir amoureux, l’autre à la jalousie et à la colère. Lorsqu’ils se trouvent enfin, c’est pour se fuir à nouveau.
De son côté, Angélique cherche un chevalier qui pourrait l’escorter jusque chez son père. Elle aborde d’abord Sacripant et lui en fait la demande. Ferragus survient alors, qui conteste à Sacripant l’honneur d’escorter Angélique, dont il est lui aussi amoureux. Un combat se prépare lorsque surgit un autre amoureux de la princesse : Roland, qui se mêle à son tour à la dispute. Angélique tente de les arrêter et leur propose à tous les trois de l’accompagner. Roland, contrairement aux deux autres, est prêt à accepter. Elle obtient cependant de leur faire déposer les armes : celui qui parviendra à l’attraper lui servira d’escorte. Mais grâce à l’anneau magique, elle disparaît soudain, les laissant l’entendre mais pas la voir.
Las d’errer et épuisé, Roger s’endort. Bradamante le trouve ainsi. Tentée de profiter de la situation pour l’assaillir et le tuer, elle se ravise, lui trouve des excuses, mais sa colère reprenant le dessus, elle cède à sa fureur et lève sur lui sa propre épée. Roger s’éveille à cet instant et la supplie de finir son geste, sa vie n’ayant plus aucun prix sans elle. Nouveaux arguments et nouvelle dispute à propos de la constance et de la fidélité de Roger. Ils se fuient à nouveau l’un l’autre.
Renonçant de son côté à séparer les trois chevaliers qui se battent pour elle, Angélique cherche à quitter le palais. Atlante l’encourage à différer son départ : elle y gagnera ainsi de rencontrer un bel amant. Pour achever de la convaincre, il fait apparaître devant elle l’image de ce dernier, pour lequel elle s’enflamme immédiatement. Un nain prévient alors son maître Atlante que deux jeunes filles tentent de fuir le palais puis lui demande l’autorisation de porter à Bradamante une lettre que lui a confiée Roger. Atlante accepte par pitié pour la douleur de Roger. Puis il s’interpose face aux jeunes filles et les autorise à quitter les lieux à la seule condition qu’elles renoncent à aimer. Elles demandent alors un temps de réflexion…
Tandis qu’un nouveau chevalier, Astolphe, s’approche du palais, Bradamante, désespérée, cherche à le quitter. Le nain lui apporte le message de Roger. Elle le déchire de rage, mais sur l’insistance du nain, se résout finalement à le lire. Elle ne peut plus en lire que des bribes dans lesquelles Roger explique le don de l’anneau à Angélique par le devoir de la sauver de la mort. Elle se rassure, mais voyant arriver Angélique, décide de se cacher pour l’écouter.
Encore bouleversée de la vision de son futur amant, celle-ci s’avoue vaincue par l’amour. Bradamante se persuade qu’elle parle de Roger. Elle se découvre et lui fait croire qu’elle n’aime plus Roger pour sonder ses sentiments. Angélique arrive à la persuader que son amour n’est pas pour Roger et lui confirme les circonstances du don de l’anneau.
Inquiet de l’arrivée d’Astolphe, le plus sage des chevaliers, dans son palais, Atlante élabore une stratégie : chaque prisonnier verra en lui quelqu’un d’autre.
Astolphe entre dans le jardin et rencontre tour à tour tous ses occupants, chacun le prenant pour un autre. Il n’a finalement pas d’autre solution que de souffler dans son cor magique : tous s’enfuient épouvantés.

ACTE III

Roger et Bradamante se réconcilient après les confidences d'Angélique et cherchent à quitter le palais.
Atlante joue alors sa dernière carte : transformé en Roger, il sème la confusion entre les deux amants. Le vrai Roger lui propose un duel afin de prouver son identité. Atlante est vaincu et apparaît sous son vrai visage. A Roger, il dévoile qui il est et pourquoi il a agi ainsi. Il cherche à les convaincre en vain de rester au palais et implore leur pitié. Il leur livre le secret pour détruire ses enchantements : en éteignant le feu qui brûle dans une urne au milieu du jardin. Il leur propose de l’accompagner dans cette tâche, tandis qu’il leur dévoilera leur avenir. Ce qu’ils entreprennent de faire tandis que les autres occupants cherchent à sortir de ce lieu « qui n’est pas fermé mais qui ne cesse de changer d’apparence. »
Devant tous, Atlante s’avoue vaincu par LOYAUTÉ ET VALEUR. A la demande de Roger et Bradamante, il fait disparaître les enchantements, le palais et libère tout le monde. Tous chantent les louanges de LOYAUTÉ ET VALEUR.
 

5 clés pour aborder Le Palais enchanté

1. Qui est Luigi Rossi ?
Luigi Rossi est un compositeur né aux alentours de 1597 dans la région des Pouilles située au sud de l’Italie. En 1621, il entre au service de la famille Borghese à Rome, et y restera pendant 20 ans. En 1641, il occupe un poste de musicien chez le cardinal Antonio Barberini. Ce dernier lui commande son premier opéra, Le Palais enchanté. A partir de 1646, il entre à la cour de la régente d’Anne d’Autriche, appelé par le cardinal Mazarin qui souhaite introduire le genre lyrique à la cour de France. Il donne en 1647 son deuxième opéra, Orfeo, à Paris. Le succès est tel que l’opéra est repris cinq fois la même année ! 
Rossi est à Rome ce que Cavalli est à Venise. Comme l'explique le directeur musical Leonardo García Alarcón :
« Considérés comme les plus grands compositeurs de leur temps, […] chacun représente en quelque sorte les deux styles lyriques de la péninsule, celui du nord avec Cavalli et celui du sud avec Rossi. »
Si aujourd’hui Luigi Rossi est connu pour son Orfeo ou ses cantates (il en aurait composées plus de 300 !), son premier opéra, Il palazzo incantato, reste méconnu. 

2. Le dernier opéra joué dans la Cité Éternelle
Le Palais enchanté est une commande du cardinal Antonio Barberini. En effet, à l’époque, les grandes familles aristocratiques de la Rome papale rivalisent par leurs richesses et leurs attachements aux Arts. Ainsi, pour faire montre de leurs splendeurs, elles font appel aux meilleurs compositeurs et aux meilleurs librettistes.
Le Palais enchanté de Luigi Rossi sera la dernière œuvre du genre présentée à Rome, le 23 février 1642. Le 29 juillet 1644, le pape Urbain VIII s’éteint et c’en est fini du règne de la famille qui a façonné la Ville Éternelle. Giovanni Battista Pamphili, membre de la famille rivale des Barberini, succède à ce dernier, sous le nom d’Innocent X : l’Espagne pieuse plane désormais sur Rome et l’opéra n’est plus de bon ton…

3. Le faste romain
L’opéra présenté à Venise et est en général interprété par un orchestre de petite taille. Au contraire, à Rome, les compositions de l’époque sont fastueuses. Le Palais enchanté illustre parfaitement ce faste : on y trouve musique, chant, danse, théâtre, décors, costumes et effets scéniques impressionnants pour l’époque, chœurs massifs et usage d’un orchestre conséquent (une quarantaine de musiciens)… La première représentation fait notamment intervenir 27 personnages, et dure sept heures ! Tout participe à faire du Palais enchanté une œuvre d’art totale.

4. De librettiste à Pape
Le livret du Palais enchanté est rédigé par Rospigliosi, futur pape Clément IX. Il est une adaptation du Roland furieux de l’Arioste, épopée chevaleresque considérée comme un chef-d’œuvre de la littérature italienne. Rospigliosi donne un dramma per musica en trois actes de 2 725 vers, inspiré d’un sujet profane, une rareté à Rome.

Découvrez l'histoire résumée en 30 secondes :

5. Une création confinée
Le Palais enchanté de Luigi Rossi n’a plus jamais été joué depuis sa création en 1642. Leonardo García Alarcón et Fabrice Murgia redonnent ainsi naissance, à l’Opéra de Dijon, à une œuvre méconnue et inédite, et cela dans un contexte tout particulier. Malgré le confinement, les maisons d’opéra ont la possibilité de répéter et les artistes ont ainsi la chance de poursuivre leur travail de création.
« Nous sommes ici, à l’opéra, en confinement de travail pour répéter des scènes qui mettent les personnages en confinement dans un palais qui en quelque sorte organise la distanciation sociale entre eux, les sépare, les empêche de se retrouver, de s’aimer, de s’embrasser. Cet écho, cette mise en abyme de notre situation extérieure dans l’intimité du travail de plateau est vraiment en train, je crois, d’influencer notre état d’âme dans l’interprétation. »