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Bernd Uhlig

La Monnaie / De Munt

Lucio Silla

J’inonderai les rues du sang des citoyens, si l’orgueil de Rome s’oppose aux désirs de Silla.

Opéras | Mozart

Lucio Silla a écarté ses opposants et s’est accaparé tous les pouvoirs. Il veut à présent prendre Giunia, la fille de son enemi tué, pour femme, mais c’est sous-estimer la haine qu’elle lui porte.

 

Dans Lucio Silla, Mozart et son librettiste Gamerra associent la passion prédatrice de Silla à son comportement tyrannique, anticipant ainsi la sensibilité romantique. En écho aux pages crépusculaires et mélancoliques de la partition, le metteur en scène Tobias Kratzer puise dans le cinéma et la télévision une imagerie gothique et contemporaine.

Chanté en italien

 

Sous-titres en français, anglais et néerlandais, et possibilité de traduire automatiquement dans plus de cent autres langues.

Disponible à partir du
24.03.2020 à 19h00 CET

jusqu'au
24.09.2020 à 12h00 CET

Lucio SillaJeremy Ovenden
GiuniaLenneke Ruiten
CecilioAnna Bonitatibus
Lucio CinnaSimona Šaturová
CeliaIlse Eerens
AufidioCarlo Allemano
ChœursLa Monnaie Chorus
OrchestreLa Monnaie Symphony Orchestra


MusiqueWolfgang Amadeus Mozart
LivretGiovanni de Gamerra
Direction musicaleAntonello Manacorda
Mise en scèneTobias Kratzer
LumièresReinhard Traub
Chef des ChœursMartino Faggiani
DramaturgieKrystian Lada
Réalisation vidéoManuel Braun
Décors & costumesRainer Sellmaier
Réalisatrice vidéoMyriam Hoyer

Acte I

Cecilio, un sénateur en exil, attend son ami Cinna, qui lui apprend que sa fiancée Giunia pleure sa mort, un mensonge que le dictateur Silla a perpétré afin de gagner le cœur de la jeune femme. Cinna conseille à Cecilio d’attendre Giunia sur la tombe de son père.

De son côté, Silla demande l'aide de sa soeur Celia pour conquérir Guinia. Cette dernière lui conseille d'user de ruse et de douceur. Silla rend alors visite à Giunia et lui demande de choisir entre son amour et la mort. Giunia choisit de rester fidèle à son fiancé en exil et à son père, Marius, tué par le dictateur. Face à ce rejet, Silla est envahi par la fureur et décide de se comporter en tyran.

Dans le cimetière, Cecilio attend Giunia, en pensant aux héros enterrés autour de lui. Les deux amants finissent par se retrouver.

Acte II

Aufidio, un ami de Silla, le convainc de demander le soutien du Sénat pour obliger Giunia à l'épouser, certain qu'elle ne s'opposerait pas à la volonté des représentants du peuple. À sa sœur Célia, qui perd tout espoir de convaincre Giunia, Silla annonce son futur mariage avec la jeune femme. Afin de s'assurer de son soutien, il lui promet la main de Cinna, qu'elle aime.

De son côté, Cecilio, ayant appris l'assassinat du père de Giunia, est déterminé à tuer le dictateur et à sauver ainsi sa fiancée. Son ami Cinna rencontre alors Celia, qui n'ose pas lui parler de la décision de Silla de les marier le jour même. Giunia consulte Cinna qui lui suggère d'accepter la demande en mariage de Silla pour ensuite l'assassiner lors de leur nuit de noces.

Giunia refuse, affirmant que la vengeance est à la seule discrétion du Ciel. Elle demande à Cinna de veiller à ce que Cecilio reste hors de danger. Cinna décide alors de tuer lui-même Silla.
Silla promet à Giunia une mort cruelle, dont elle ne sera pas la seule victime. Effrayée par cette menace, elle supplie Cecilio de s'enfuir avec elle. De Celia, qui tente une nouvelle fois de la convaincre d'épouser Silla, Giunia apprend le projet du dictateur de la marier à Cinna. Redoutant la capture de Cecilio, elle décide de se rendre au Sénat pour demander que soit gracié son fiancé.

Sur la colline du Capitole, les sénateurs acclament Lucio Silla. Celui-ci demande la main de Giunia, qui menace de se suicider plutôt que d'accepter un tel sort. Cecilio apparait alors pour l'aider et est capturé. Silla se réjouit de pouvoir enfin se venger.

Acte III

Cinna rend visite à Cecilio en prison et lui promet de le sauver. Il se dit alors prêt à épouser Celia si celle-ci parvient à convaincre son frère Silla de ne pas exécuter Cecilio. Ayant perdu tout espoir, Cecilio demande à Cinna de protéger sa fiancée.

Giunia, que Silla a autorisée à faire ses adieux à son fiancé, lui rend visite dans son donjon. Peu de temps après, Aufidio vient chercher le prisonnier pour l'emmener auprès de Silla afin qu'il soit condamné. Les deux amants s'embrassent une dernière fois. Laissée seule, Giunia décide de mourir avec son amant.

Avant d'annoncer son verdict, Silla écoute Cinna et Celia, qui l'avertissent des dangers qu'il courrait si Cecilio et Giunia venaient à mourir. Giunia, elle, implore la pitié des sénateurs. Contre toute attente, Silla annonce qu'il va épargner la vie de Cecilio et l'unir à Giunia. Il annule également les condamnations des autres opposants en exil. Cinna avoue alors avoir comploté contre le dictateur. En signe de pardon, Silla lui donne sa sœur Celia en mariage. Dans un dernier geste d'humilité, Silla abdique, prônant à présent l'innocence et la force de l’âme.

Entretien avec Tobias Kratzer

Avec l'histoire de Lucio Silla, l'objectif du metteur en scène Tobias Kratzer n'était pas tant de montrer la façon dont le dirigeant diabolique est vaincu et accorde finalement sa clémence, mais de faire de Silla un personnage dans lequel chacun·e peut se reconnaître – peut-être malgré soi. « C'est un personnage déstabilisant précisément parce qu'il a plus en commun avec nous que nous ne voulons l'admettre ! » explique Kratzer. « Le manque d'empathie – caractéristique de tant de dirigeants – n'est étranger à aucun·e d'entre nous, même si Silla en incarne une forme extrême ». Dans cette vidéo, le metteur en scène évoque l'obscurité et la saveur proto-romantique de cet opéra.

Entretien avec Lenneke Ruiten

La soprano néerlandaise Lenneke Ruiten est une habituée de Mozart - elle incarnait tout récemment Fiordiligi dans Così fan tutte et Donna Elvira dans Don Giovanni dans la Trilogie Da Ponte de la Monnaie. Bien qu'elle évoque certaines petites erreurs de débutant dans Lucio Silla, que Mozart composa à l'âge de seize ans, Ruiten considère que la façon dont Mozart met en musique des émotions humaines aussi fondamentales que l'amour, l'espoir, la peur de la mort ou la colère, témoigne d'une grande maturité et d'une grande habileté. « L'opéra renferme ainsi des moments musicaux d’une beauté à couper le souffle, parfois en avance sur son temps, qui forcent l’admiration et donnent aux artistes la liberté de se mettre à nu sans retenue », déclare-t-elle. Écoutez-la détailler sa démarche pour incarner au mieux le personnage de Giunia.