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Novković

Croatian National Theatre in Zagreb

Nikola Šubić Zrinjski

Dégainez vos épées, mes frères. Montrons à l'ennemi comment nous mourons.

Opéras | Zajc

Soliman le Magnifique et son armée ottomane sont en marche vers Vienne. Seule une ville fortifiée se trouve sur leur chemin, mais son commandant croate et sa petite garnison d'hommes sont bien déterminés à défendre leur territoire.

 

L'opéra patriotique d'Ivan Zajc relate l'histoire du leadership audacieux et du sacrifice héroïque de Nikola Šubić Zrinjski au cours du siège de Siget. Doté d'une musique puissante - dont le vibrant chœur d'hommes « U boj, u boj! » - cet opéra occupe une place de choix dans le répertoire croate depuis sa création en 1876, qui connut un succès retentissant.

Chanté en croate

Sous-titres bientôt disponibles en allemand, anglais et français, et possibilité de traduire automatiquement dans 114 langues.

Disponible à partir du
02.11.2019 à 19h30 CET

jusqu'au
01.05.2020 à 12h00 CET

Nikola Šubić ZrinjskiLjubomir Puškarić
EvaTamara Franetović Felbinger
JelenaIvana Lazar
Lovro JuranićDamir Klačar
Gašpar AlapićOzren Bilušić
Vuk PaprutovićTvrtko Stipić
Soliman le MagnifiqueIvica Čikeš
Mehmed SokolovićStjepan Franetović
LeviDavor Radić
MustafaNeven Mrzlečki
Ali PortukŽeljko Grofelnik
Begler BeyRobert Palić
MessagerAntonio Brajković


MusiqueIvan Zajc
LivretHugo Badalić
Direction musicaleNikša Bareza
Mise en scèneKrešimir Dolenčić
DécorsDinka Jeričević
CostumesIka Škomrlj, Dženisa Pecotić
LumièresDeni Šesnić
ChorégraphieSonja Kastl
Chef des ChœursLuka Vukšić
Réalisation vidéoIvan Miladinov
Assistante metteuse en scèneMartina Zdilar Sertić
Assistante chorégrapheBožica Lisak

Acte I

Dans son camp de Belgrade, Soliman le Magnifique dresse des plans pour conquérir Vienne. Le Sultan ottoman est âgé et ignore les avertissements de son médecin quant à sa mauvaise santé. Le seul obstacle qui se dresse sur son chemin reste la ville fortifiée de Szigetvár, que défend le gouverneur croate Nikola Šubić Zrinjski. Le grand vizir Mehmed Sokolović conseille au sultan d'essayer de contourner Szigetvár, Zrinjski et ses soldats étant connus pour leur grande bravoure. Mais Soliman est persuadé qu’il vaincra et ordonne l’assaut sur la ville fortifiée.

À Szigetvár, la fille de Zrinjski, Jelena, rencontre le guerrier Lovro Juranić, qui se prépare pour la bataille. Jelena confie à sa mère, Eva, qu'elle craint pour la vie de Juranić. Zrinjski les rejoint et leur apprend que les Ottomans sont en marche vers la ville. Juranić demande à Zrinjski la main de Jelena en mariage. Celui-ci donne son consentement, leur promettant que le mariage aura lieu après la défaite des Ottomans.

Alors que Szigetvár est assiégée, les soldats de Zrinjski se préparent pour la bataille. Le guerrier Gašpar Alapić conseille à Zrinjski d'envoyer sa femme et sa fille en lieu sûr jusqu'à ce que le danger soit écarté. Mais Eva insiste pour que Jelena et elle restent aux côtés de leurs proches. Zrinjski a promis à l'empereur romain de défendre Szigetvár jusqu'à l'arrivée des secours. Ses soldats jurent alors solennellement de défendre la ville fortifiée jusqu'au dernier homme.

Acte II

Dans le camp ottoman, des célébrations ont lieu pour marquer le quarantième anniversaire de la bataille de Mohács. Soliman se montre impatient face à la résistance de Zrinjski et envoie Sokolović à Szigetvár porter un message à Zrinjski, lui intimant de se rendre.

Zrinjski sent qu'il ne pourra pas tenir l'ennemi à distance plus longtemps. Le grand vizir arrive et offre à Zrinjski la couronne croate en échange de sa reddition, mais menace également de torturer son fils s'il refuse. Le gouverneur ordonne alors que les abords de la ville soient abandonnés et incendiés, puis il renvoie Sokolović auprès de Soliman avec le message suivant : que le Sultan entre lui-même dans la ville s’il l’ose !

Acte III

Le Sultan est décédé de causes naturelles. Sokolović décide de cacher sa mort aux troupes ottomanes et ordonne une nouvelle attaque contre Szigetvár.

Eva a emmené Jelena dans une pièce souterraine de la forteresse pour la protéger des soldats qui approchent. Jelena ne pense qu’à Juranić, qui la retrouve soudain dans sa cachette. Jelena lui demande de la tuer, de peur qu'elle ne tombe entre les mains des Ottomans. Juranić exauce son vœu et la poignarde avec son épée après un dernier baiser.

Alors qu'Eva et Zrinjski échangent des adieux, Juranić leur apporte la nouvelle de la mort de Jelena. Eva met le feu à la forteresse et les soldats se précipitent tous vers la bataille finale. La forteresse de Szigetvár finit par tomber...

5 clés pour aborder Nikola Šubić Zrinski

1° Une bataille envers et contre tout

Le siège de Siget - également connu sous le nom de siège de Szigetvár ou bataille de Szigeth - eut lieu en 1566 alors que l'armée ottomane, sous le commandement du sultan Soliman le Magnifique, tentait une avancée vers Vienne. Pendant un mois, 2 500 soldats, pour la plupart croates, défendirent la petite forteresse de Szigetvár, à la frontière du territoire des Habsbourg, contre plus de 100 000 soldats turcs et 300 canons. Bien que les Ottomans aient remporté la bataille, ce fut une victoire à la Pyrrhus. Leurs lourdes pertes les obligèrent en effet à abandonner leurs ambitions d’expansion en Europe et la capitale autrichienne ne fut menacée que lors de la bataille de Vienne en 1683.

2° Leadership militaire

Nikola Šubić Zrinski, un noble général hongro-croate, était à la tête de la défense des Habsbourg. Il fut Ban de Croatie de 1542 à 1556, et Maître royal de la trésorerie de 1557 à 1566, la famille Zrinski devenant ainsi la plus puissante du royaume de Croatie. Il se trouvait à Szigetvár lorsque Soliman entama sa marche sur Vienne. Zrinski écrivit à Maximilien II, empereur du Saint Empire romain, qui promit des renforts, mais ceux-ci n'arrivèrent pas avant que les Ottomans atteignent la forteresse. Les deux commandants moururent au cours de la bataille - Soliman de causes naturelles dans sa tente, et Zrinski alors qu'il menait une charge désespérée et suicidaire le dernier jour du siège.

3° Un héritage durable

Les exploits de Zrinski au cours du siège de Siget firent de lui un héros européen renommé. Il fut comparé à Léonidas Ier pour la façon dont il encourageait ses soldats à tenir bon face à un nombre d'ennemis écrasant. Leurs actes de bravoure furent relatés par le scribe et chambellan de Zrinski dans un rapport de première main, puis dans un poème épique de son arrière-petit-fils. L'importance de la bataille fut jugée si grande que l’ecclésiastique et homme d'État français, le cardinal Richelieu, la décrivit comme « la bataille qui a sauvé la civilisation ». En Croatie, Zrinski devint un symbole de libération nationale, utilisé à différents moments de l'Histoire face à l'influence politique ottomane, autrichienne et hongroise.

4° Une mission musicale

Ivan Zajc (1832-1914), compositeur, chef d'orchestre, metteur en scène et professeur croate, domina la culture musicale croate pendant plus de quarante ans. Après des études au Conservatoire de Milan, il s'installa à Vienne, où il fut reconnu très tôt pour ses opérettes. Influencé par des universitaires, des étudiants et des poètes de son pays natal, Zajc décida de se consacrer au développement de l'identité musicale de la Croatie plutôt qu'à la recherche personnelle d'une renommée internationale. En 1870, il s'installa à Zagreb, où il devint directeur et chef d'orchestre du Croatian Opera et directeur de l'Institut de musique croate. Souvent comparé à Verdi pour son patriotisme et son style musical, il fut un compositeur prolifique qui, malgré ses obligations professionnelles, parvint à réaliser près de 1 000 œuvres.

5° Histoire de la composition

L’opéra Nikola Šubić Zrinski, qui raconte l'histoire du siège de Siget, est considéré comme le chef-d'œuvre de Zajc. Ayant attentivement défini le profil des personnages de Zrinski et de Soliman en fonction des faits historiques, le compositeur et son librettiste, Hugo Badalić, attribuèrent également d'importants rôles musicaux et dramaturgiques à l'épouse de Zrinski, Eva, et à sa fille, Jelena. La création de l'opéra en 1876 fut accueillie positivement par le public et les critiques, et l’œuvre s’installa par la suite dans le répertoire croate. Sa notoriété est en partie due à la mélodie chantée par le chœur d’hommes « U boj, u boj! » (« Au combat, au combat ! »), que Zajc écrivit dix ans avant le reste de l'opéra. Cette mélodie, hors du contexte de l'opéra, acquit une renommée durable en tant que chant patriotique croate et devint un vrai tube dans les « glee clubs » japonais.