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Monika Rittershaus

Komische Oper Berlin

Cendrillon

Tout est bien qui finit bien ?

Flash-back | Massenet

Ce spectacle n'est plus disponible en vidéo à la demande, mais vous pouvez encore profiter des contenus annexes à la production.

Lorsqu'une ballerine débutante tombe et se fait mal, ses rêves sont brisés en même temps que sa jambe. Y a-t-il une vie pour elle au-delà de sa fantaisie ? Et le prince charmant la remarquera-t-il même si elle ne dansera plus jamais ? 

 

Avec la première berlinoise de Cendrillon, le Komische Oper Berlin sort l'opéra rarement vu de Massenet des cendres. Dans son interprétation étonnamment tragique, le célèbre metteur en scène italien Damiano Michieletto joue avec les clichés du monde impitoyable du ballet et franchit la frontière entre la magie des contes de fées et la réalité. 

CendrillonNadja Mchantaf
Madame de la HaltièreAgnes Zwierko
Le Prince CharmantKarolina Gumos
La FéeMari Eriksmoen
NoémieMirka Wagner
DorothéeZoe Kissa
PandolfeWerner van Mechelen
Le RoiCarsten Sabrowski
Le Doyen da la FacultéChristoph Späth
Le Surintendant des plaisiersNikola Ivanov
Le Premier MinistrePhilipp Meierhöfer
ChœursChorsolisten der Komischen Oper Berlin


MusiqueJules Massenet
TexteHenri Cain
Direction musicaleHenrik Nánási
Mise en scèneDamiano Michieletto
DécorsPaolo Fantin
CostumesKlaus Bruns
LumièresDiego Leetz
ChorégraphieSabine Franz
Chef des ChœursDavid Cavelius
DramaturgieSimon Berger

Première partie

Madame de la Haltière, la nouvelle femme de Pandolfe, fait souffrir ce dernier. Elle dirige son mariage comme sa vie : d'une main de fer. Dans le même temps, un sentiment de culpabilité tourmente Pandolfe vis-à-vis de sa fille Lucette. Un accident a fait s'envoler les rêves d'avenir de celle-ci. Comme Cendrillon, elle se retrouve toute seule. Le Prince Charmant est prisonnier de son monde. Le père, un despotique imprésario, exige de lui performance et succès. Par ailleurs, il doit enfin se prononcer pour une petite amie. Mais le Prince sombre dans la mélancolie et ne souhaite pas en entendre parler. Pendant ce temps, Madame de la Haltière compte bien profiter de ses deux filles Noémie et Dorothée pour lui permettre de monter dans la hiérarchie sociale. 

Restée seule, Lucette s'abandonne alors dans un fabuleux sommeil : est-ce que ce sont des esprits et des fées qui apparaissent dans son rêve ? À sa plus grande joie, elle est guérie et porte une magnifique robe. Elle se presse d’aller voir le prince mais la fée la prévient : à minuit, elle doit être de retour. 

Cette beauté ignorée surprend les invités de la réception et elle danse avec le prince amoureux. 

Deuxième partie

Lucette se réveille toute essoufflée – tout cela n'était-il qu'un simple rêve ? Sa guérison, la robe, la danse avec le Prince Charmant ? Pandolfe explique à son enfant incrédule qu’elle a parlé toute seule lors de son sommeil agité. Face aux moqueries de sa femme et des demi-sœurs de Lucette, il prend cette dernière sous sa protection. 

Parfois, il arrive qu'il en aille dans la vie comme dans les contes : la nouvelle invitation à danser plonge Madame de la Haltière dans une enthousiaste extase. 

Les passionnés de ballet se retrouvent encore une fois pour être témoins d'une surprise …
 

Regarder la réalité en face

Le metteur en scène Damiano Michieletto sur la prise de décisions, les contes de fées et la présence de l'amour

Vous débutez avec Cendrillon au Komische Oper Berlin et vous mettez en scène pour la première fois une œuvre de Jules Massenet – c'est un moment privilégié pour vous?

Au début, je ne savais pas trop comment gérer l'histoire et la musique, mais au fil du temps, j'ai découvert un grand potentiel dans l'intrigue et dans la manière dont elle est présente dans l'œuvre. Le travail qui a conduit à la première a consisté avant tout à se demander comment donner plus de profondeur aux personnages et comment le transmettre au public. Parce que le public a besoin de complexité et de la possibilité d'imprégner les personnages de sentiments.

Mettez-vous en scène une soirée de contes de fées?

C'est bien sûr un conte de fées, et cela ne fait pas partie de notre réalité, mais de nos fantaisies, de nos rêves et aussi de notre subconscient. En même temps, j'essaie de l'ancrer dans la réalité et de prêter une attention particulière au contraste entre l'existence douloureuse et le rêve d'avoir plus de dignité. L'histoire de Cendrillon est façonnée dans le sens de ce contraste. Dans notre production, elle est une danseuse qui s'est blessée et qui est à l'hôpital. Elle se bat pour une issue, pour la possibilité d'être à nouveau heureuse. J'ai décidé de mettre en scène cette histoire dans un décor de ballet, ce qui signifie qu'il y a des moments où les choristes et les solistes, hommes et femmes, chantent et dansent à la fois. Nous utilisons également des motifs de ballet classique et nous les intégrons dans l'opéra de Massenet.

Alors on voit des gens et pas des personnages de contes de fées?

Il y a la fée, mais elle n'emmène pas non plus les personnages dans un autre monde. Elle entre dans l'espace beaucoup plus subtilement, comme un vent faible promettant l'espoir. Elle n'offre pas une évasion de la réalité, mais la possibilité de se confronter à la réalité. En fin de compte, vous n'êtes pas quelqu'un d'autre ou quelqu'un de meilleur, mais vous pouvez faire face à la réalité - sans peur de la situation, ni de vous-mêmes. Le conte et le chœur de fées sont humains dans notre version, ce sont des vieilles femmes qui se soucient et essaient d'aider. C'est le meilleur cadeau qui soit pour Cendrillon : le contentement d'elle-même et l'espoir pour l'avenir. Le conte de fées est la possibilité d'espérer, pour ainsi dire. La chose cruciale pour la narration de l'histoire est qu'elle fonctionnerait dans notre version même sans éléments de conte de fées. Bien sûr, il y a des « moments magiques », mais ceux-ci ne sont pas nécessaires pour la dramaturgie du récit. Si l’on devait raconter le conte de fées original, on ne pourrait pas se passer de la fée en tant que personnage de conte de fées - rien ne fonctionnerait.

 « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » - y a-t-il une place pour cette formule classique de conte de fées dans votre production?

En fin de compte, Cendrillon et le prince se retrouvent aussi ici, mais ce n'est pas une fin heureuse typique. Cendrillon ne va pas mieux, elle reste blessée - tous ses problèmes ne disparaissent pas comme par magie. Mais elle apprend à faire face à la réalité, et le prince, au contraire, accepte cette réalité. Par amour, il l'accepte telle qu'elle est. Cela c'est le vrai amour, selon ma compréhension. Le prince est prêt à abandonner quelque chose - pour l'amour de Cendrillon - et jette les chaussures de ballet. Sachant que Cendrillon ne dansera plus, il la choisit par-dessus tout le monde, y compris son père. Cela le rend vraiment libre dans sa décision et son mode de vie. On ne peut pas tout avoir, mais ils vivent tous les deux dans le présent et pour le futur - pour moi, c'est la vraie fin heureuse.