Cosí fan tutte
Opéra d'État hongrois

Così fan tutte

Mozart
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Chanté en
italien
Sous-titres en
anglais
italien
hongrois

Deux officiers mettent à l’épreuve la fidélité de leurs fiancées en se déguisant, chacun tentant de séduire la partenaire de l’autre… Ce qui donne évidemment lieu à toute une série de quiproquos comiques. Peu à peu, les certitudes des jeunes femmes vacillent et les sentiments se troublent. La fidélité résistera-t-elle à ce jeu de dupes ?

Così fan tutte est le troisième et dernier opéra que Mozart compose avec Lorenzo Da Ponte, après Le nozze di Figaro et Don Giovanni. Créé la veille de l’anniversaire du compositeur, lors de l’avant-dernière année de sa vie, l’ouvrage témoigne de sa maîtrise de l’écriture lyrique et de sa profonde compréhension des méandres de l’âme humaine. En direct de Budapest, la production de l’Opéra d’État hongrois propose une lecture contemporaine et renouvelée de Kriszta Székely. En explorant les couches psychologiques de l’œuvre, la mise en scène rapproche l'œuvre du public d’aujourd’hui, avec la participation de jeunes artistes dans un lieu atypique : les Eiffel Art Studios, un ancien entrepôt du réseau ferroviaire hongrois qui porte le nom du célèbre ingénieur français.

Distribution

Fiordiligi
Ildikó Megyimórecz
Dorabella
Zsófia Kálnay
Ferrando
Botond Pál
Guglielmo
Attila Dobák
Despina
Zsuzsanna Kapi
Don Alfonso
István Kovács
Orchestre
Orchestre de l'Opéra d'État Hongrois
Chœurs
Chœur de l'Opéra d'État Hongrois
...
Musique
Wolfgang Amadeus Mozart
Texte
Lorenzo Da Ponte
Mise en scène
Kriszta Székely
Direction musicale
Levente Török
Décors
Zita Schnabel
Costumes
Dóra Pattantyus
Lumières
Tamás Pillinger
Vidéo
Zsombor Czeglédi
Dramaturge
Ármin Szabó-Székely
...

L'histoire

Acte I

Ferrando et Guglielmo sont amis et ils sont tous les deux amoureux de chacune des deux sœurs. Alfonso, plus âgé, plus expérimenté et plus cynique, les prévient que la fidélité des femmes est fragile. Les deux amis ne sont pas d'accord : ils sont convaincus que leurs fiancées, Fiordiligi et Dorabella, ne les trahiront jamais. Sous le coup de la colère, Alfonso leur propose alors un pari : d'ici vingt-quatre heures, il prouvera que Fiordiligi et Dorabella sont tout aussi infidèles que n'importe quelle autre femme. Les amis l’acceptent.

Fiordiligi et Dorabella attendent avec impatience de revoir Ferrando et Guglielmo. Alfonso leur annonce que leurs amants ont été appelés sous les drapeaux et doivent partir immédiatement. Les sœurs font leurs adieux déchirants aux deux hommes qui, suivant le plan d’Alfonso, prétendent partir à la guerre. 

Laissées seules, les sœurs s'abandonnent à leur chagrin d'amour. Loin de les consoler, la rusée Despina leur fait la leçon en leur affirmant que les hommes fidèles n'existent pas et leur suggère de se trouver rapidement de nouveaux amants.

Alfonso fait appel à Despina, lui demandant d'aider deux « étrangers » à se rapprocher de Fiordiligi et Dorabella. Despina s'empresse d'organiser les choses, et les deux séduisants prétendants font leur apparition, comblant les jeunes femmes de déclarations d'amour. Fiordiligi les rejette fermement, apportant une preuve convaincante de la fidélité féminine. Ferrando et Guglielmo croient avoir déjà gagné le pari, mais Despina vient en aide à Alfonso avec une nouvelle idée.

Les deux « étrangers » font semblant de s’empoisonner, désespérés d’avoir été rejetés, ce qui affecte profondément les sœurs. Déguisée en médecin, Despina ranime les hommes « mourants », qui reprennent alors leur cour auprès de Fiordiligi et Dorabella. 

Acte II

Le lendemain, Despina continue d’enseigner à Fiordiligi et Dorabella comment se comportent les femmes sûres d’elles. Ses conseils portent leurs fruits : Dorabella avoue à sa sœur qu’elle est attirée par l’un des étrangers (en réalité Guglielmo, le compagnon de Fiordiligi), et elles conviennent qu’un peu de distraction ne peut pas faire de mal. Lorsque les deux hommes arrivent, Dorabella cède, tandis que Fiordiligi lutte encore contre ses désirs.

Ferrando réagit avec une colère jalouse mais refuse d’abandonner le pari. Despina félicite Dorabella pour ses actions. Fiordiligi, désorientée par ses émotions, finit elle aussi par céder à la tentation, en tombant amoureuse de l’autre « inconnu » (en réalité Ferrando, le partenaire de Dorabella). À présent, Guglielmo ressent lui aussi la douleur du jeu. Alfonso rappelle froidement aux deux amants blessés ce qu’il avait affirmé plus tôt : toutes les femmes se comportent ainsi.

Les événements échappent à tout contrôle alors que les sœurs se préparent à un double mariage avec les étrangers. Mais juste avant de signer les contrats de mariage, Ferrando et Guglielmo « reviennent » soudainement. Alfonso révèle la supercherie et exhorte les sœurs sous le choc à se réconcilier avec leurs amants déçus. Les deux couples font ainsi face à un bonheur futur partagé, bien qu’un peu incertain.

Vidéos

Trailer

Un avant-goût de Così fan tutte

La fidélité mise à l’épreuve dans la fameuse école des amants de Mozart.

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En coulisses

Piégés dans le labyrinthe virtuel

Un Così fan tutte connecté ? C'est ce que nous dévoilent Levente Török (chef d'orchestre), Ildikó Megymórecz (Fiordiligi) et Botond Pál (Ferrando). Entre deux panneaux LED, les personnages avancent masqués dans un labyrinthe virtuel où la tentation guette à chaque clic. Un face-à-face percutant entre un opéra classique et un monde moderne où les écrans épient nos moindres actions.

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En coulisses

Mozart à l'ère des applis de rencontre

Kriszta Székely (metteuse en scène) tisse un lien fascinant entre la musique de Mozart et notre monde numérique. À travers cette production résolument moderne, elle explore la crise d'identité de jeunes personnages pris au piège de leurs propres masques virtuels, entre faux profils et cœurs brisés. Elle montre comment le jeu dangereux des doubles identités finit par se retourner contre soi-même.

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EN PROFONDEUR

« Così fan tutte », vraiment ?
Entretien avec la metteuse en scène Kriszta Székely
 

À la mi-mai 2026, une interprétation contemporaine de « Così fan tutte », l’opéra comique de la fin de carrière de Wolfgang Amadeus Mozart, sera présentée aux Eiffel Art Studios. Kriszta Székely ouvre l’œuvre au public d’aujourd’hui grâce à de jeunes chanteurs, en dévoilant ses profondeurs psychologiques.

Mozart est un sommet du répertoire lyrique, où la musique définit le cadre avec une grande précision. En tant que metteuse en scène, de quelle marge de manœuvre disposez-vous ?

À certains endroits, en y réfléchissant bien, on peut introduire une touche d’ironie, voire mettre entre parenthèses certains moments de l’intrigue, mais il ne faut surtout pas aller à l’encontre de l’opéra. Un metteur en scène qui ne respecte pas suffisamment la musique finira par échouer, et cela vaut tout particulièrement pour les œuvres de Mozart. Du point de vue de la mise en scène, je considère Così fan tutte comme un casse-tête. La question principale pour moi est de savoir comment représenter l’époque à laquelle nous voulons nous adresser, comment interpréter la « mise à l’épreuve » de l’amour et le thème de la tromperie dans le contexte actuel, tout en saisissant plus profondément les mécanismes psychologiques intérieurs des personnages.

Au XIXe siècle, Così fan tutte était considérée comme immorale ; elle était rarement jouée, et on a tenté par la suite de la « corriger » avec de nouveaux livrets. Comment peut-elle avoir un sens aujourd’hui ?

Deux aspects de cette œuvre m’intéressent particulièrement. Tout d’abord, je trouve que la crise d’identité que traversent les personnages, qui changent constamment de personnalité les uns devant les autres et face à eux-mêmes, fait fortement écho au fonctionnement du monde actuel. L’espace en ligne offre une excellente plateforme pour cela. Au cours de leur vie, les gens arborent de nombreuses identités différentes, expérimentant divers styles en matière de goûts, de vêtements et de mode de vie. Je me sens très concernée par cet aspect de l’histoire. Par ailleurs, je souhaite mettre en avant la culture des rencontres, typique du monde virtuel. Comme tout est révélé à la fin de l’opéra et que les choses se remettent en place, dans la vie réelle aussi, nous ne devons pas nécessairement avoir peur d’apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur une autre personne. Parfois, quelque chose de véritable commence entre deux personnes précisément lorsque les barrières tombent.

L’opéra présente une critique assez acerbe des femmes, ce qui peut sembler provocateur aujourd’hui. Que souhaitez-vous transmettre à travers cette histoire ?

Pour moi, cette œuvre traite avant tout de l’instabilité de l’identité des personnages, qu’il s’agisse des hommes ou des femmes. Il ne faut pas réduire la mise en scène à une affirmation selon laquelle un genre serait ainsi et l’autre autrement. Si l’on formule une critique, elle doit s’appliquer aux deux. Ce dont je souhaite surtout parler, c’est d’un sentiment de désorientation. Je trouve particulièrement passionnant de voir comment les personnages évoluent, non seulement à travers leurs costumes, mais aussi intérieurement, à mesure qu’ils commencent progressivement à se comporter différemment. Et bien sûr, il y a cette fin heureuse particulière, quelque peu tordue, à la fin de l’opéra, dont la signification mérite également d’être explorée.

L’atmosphère des Eiffel Art Studios diffère de celle des opéras traditionnels. En quoi cela a-t-il influencé votre mise en scène ?

Nous nous sommes orientés vers l’univers du web, en utilisant de grandes projections pour évoquer son illusionnisme et son côté tendance, presque jusqu’à l’exagération. Nous juxtaposons l’existence quotidienne à cette réalité virtuelle, fondée sur l’image, dans laquelle nous organisons et vivons désormais notre vie de tous les jours. Ce concept s’accorde très bien avec l’espace brut et industriel de l’Eiffel.

En quoi l'âge influence-t-il l'interprétation de cette histoire ?

J'associe avant tout ce sujet à la jeunesse et à l'incertitude propre à cette étape de la vie. À cet âge, on a le sentiment qu'il y aura toujours mieux, que tout peut encore arriver. Puis, soudain, les possibilités semblent s'évanouir, et on se retrouve seul. C'est là que le personnage de Don Alfonso devient vraiment intéressant : d'où parle-t-il, quelle situation le pousse à s'immiscer dans la vie de ces jeunes gens ? S'agit-il de son expérience de la vie, ou d'une sorte de lassitude ? Ou veut-il simplement leur montrer que la vie n'est pas aussi simple qu'ils le pensent ?

Cet opéra représente un défi particulier pour tous les solistes, tant sur le plan musical que dramatique. Comment guidez-vous au mieux les chanteurs ?

Les chanteurs aspirent souvent à rencontrer des metteurs en scène qui ne viennent pas du théâtre musical, car ceux-ci apportent un langage formel différent. J'apprécie beaucoup de travailler avec des chanteurs d'opéra, ils ont une grande endurance et sont ouverts d'esprit. L’opéra est après tout une forme intrinsèquement absurde : les personnages chantent tout au long de la pièce. En comparaison, la présence scénique exige nécessairement quelque chose de différent. Ce qui m’enthousiasme le plus, ce n’est pas de reproduire ce que la musique exprime déjà, mais plutôt de lui opposer un contrepoint ou de la replacer dans un nouveau contexte. Essentiellement, je cherche à pousser ces « excès » musicaux dans une autre direction.

Cette interview a été réalisée par András Várhegyi.