Il Giustino
Drottningholm Court Theatre

Il Giustino

Vivaldi
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italien
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italien
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suédois

La déesse Fortune apparaît au paysan Giustino et lui prédit son ascension à la tête de l'armée byzantine et la défaite d'une armée scythe sous les ordres de Vitaliano. L'empereur Anastasio, jaloux, soupçonne Giustino d'avoir des vues sur sa femme Arianna et sur le trône lui-même. Il faudra que les intrigues soient déjouées et les malentendus dissipés pour qu'un paysan soit proclamé empereur.

Il Giustino a été composé à l'origine pour le carnaval de Rome de 1724 par Antonio Vivaldi sur un livret de Nicolò Beregan. La partition de Vivaldi regorge de détails pittoresques ; une sinfonia accompagnant la descente de Fortune dans un char souligne le caractère champêtre de l'œuvre en empruntant le thème du Printemps à ses propres Quatre Saisons. Le chœur final, une longue chaconne, est la pièce de ce genre la plus élaborée dans un opéra de Vivaldi. Montée pour la première fois en Suède, la production de Drottningholm est dirigée pour la scène et depuis la fosse par George Petrou, avec le contre-ténor ukrainien Yuriy Mynenko dans le rôle-titre. Drottningholms Slottsteater, construit en 1766, est le seul théâtre au monde à utiliser encore sa machinerie de scène d'origine. Le domaine royal de Drottningholm, dont le théâtre fait partie, est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

DISTRIBUTION

Anastasio
Raffaele Pe
Arianna
Sofie Asplund
Giustino
Yuriy Mynenko
Leocasta
Johanna Wallroth
Vitaliano
Juan Sancho
Andronico
Linnea Andreassen
Amanzio
Federico Fiorio
Polidarte
Jihan Shin
Fortuna, fantôme
Elin Skorup
Danseurs
Stacey Aung
Pontus Sundset
Figurant(e)s
Felix Hägg
Ruben Lundström
Mawlawi Rahem
Orchestre
Drottningholm Theatre Orchestra
...
Musique
Antonio Vivaldi
Texte
Nicolò Beregan
Direction musicale
George Petrou
Mise en scène
George Petrou
Décors et costumes
Paris Mexis
Lumières
Stella Kaltsou
Chorégraphie
Jenny Nilson
Maquillage et perruques
Rebecka Andersson
...

VIDÉOS

Trailer

Un avant-goût de Il Giustino

Ambition, intrigue, amour, sexe, politique : un drame du 18ème siècle dans un décor authentique.

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En coulisses

Introduction à Il Giustino

Une introduction à Il Giustino de Vivaldi par le directeur musical et metteur en scène George Petrou, le ténor Juan Sancho, la mezzo-soprano Linnea Andreassen et la soprano Johanna Wallroth.

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En coulisses

Dans les coulisses de Il Giustino

Le régisseur Christer Nilsson, la joueuse de psaltérion Margit übellacker et la soprano Elin Skorup nous offrent une visite des coulisses et nous montrent le fonctionnement de la machinerie en bois d'un vieux théâtre avant les avancées technologiques que nous connaissons aujourd'hui.

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L’HISTOIRE

ACTE I
Des ouvriers nettoient et préparent la scène du théâtre de la cour. Le roi, fasciné par son théâtre, aime utiliser cette « salle des illusions » pour le plaisir, l'art, la politique et la vie quotidienne de la cour. Alors que le roi et la reine se rendent hommage, Amanzio, général des troupes royales, rappelle au roi la guerre en cours. Polidarte, un envoyé de l'ennemi, négocie la paix si le roi remet sa reine à leur chef, Vitaliano. Rendu furieux par cette provocation, le roi se prépare à la guerre. La reine tente de persuader son mari de ne pas mettre son peuple et lui-même en danger. Il écarte son conseil avec un compliment.

Giustino, l'un des machinistes, rêve d’une gloire héroïque. Il s'endort en nettoyant la scène. Le fantôme du théâtre apparaît, lui promettant pouvoir et fortune. Il est réveillé par les cris de Leocasta, la prima donna du théâtre, qui se fait agresser. Giustino se précipite pour l'aider. Leocasta le trouve attachant et beau et décide de présenter Giustino à la cour royale.

Andronico, le frère du roi ennemi Vitaliano, s'est déguisé en Flavia pour se rapprocher de la belle Leocasta, qu'il a aperçue lors de leur visite diplomatique au théâtre. Le roi présente Flavia à sa reine comme sa nouvelle dame d'honneur.

Dans tout ce remue-ménage, la reine se sent toujours seule et prise au piège de son statut de souveraine. Amanzio, qui aspire au pouvoir, tente de persuader le roi d'entrer en guerre. Mais le roi n'aime pas l'idée de quitter son théâtre bien-aimé.

Entre-temps, Giustino est monté en grade et sert du thé à Leocasta et Flavia. Leocasta parvient à convaincre le roi que le jeune héros doit rejoindre les troupes royales pour contribuer à la victoire. Andronico, déguisé, est jaloux car il se rend compte que Leocasta est désormais amoureuse de Giustino.

Le roi s'inspire de la guerre pour écrire l'intrigue d'un nouvel opéra. Nous assistons à la représentation sur scène de l'opéra du roi, sous la forme d'une pièce de théâtre baroque imaginaire, racontant l'histoire de l'ennemi qui a capturé sa reine. Polidarte l'emmène à Vitaliano qui veut la forcer à l’aimer en retour. Son refus persistant l'amène à ordonner à Polidarte de l'enchaîner et de la donner en pâture à un monstre affamé. La reine chante un dernier adieu à son roi bien-aimé.

ACTE II
Malheureux, le roi chante et pleure alors qu’on entend la pluie tomber. Il trouve l'existence au théâtre plus facile que celle dans le monde réel, plus heureuse dans le royaume fantastique de sa nouvelle création lyrique.

La reine est sur le point d'être dévorée par le monstre lorsque le héros Giustino apparaît et tue la bête sauvage. Le roi se précipite dans le drame en tant que héros sauveur. Le couple royal est réuni et rentre chez lui.

Vitaliano, regrettant la condamnation à mort qu'il a infligée à la reine, retourne dans la grotte et trouve le monstre mort. Avec un espoir nouveau, il se met à chanter : il espère encore une fois gagner le cœur de la reine.

Le spectacle imaginaire est terminé. De retour à la cour du 18ème siècle, Anastasio est victorieux. La reine raconte fièrement à Leocasta et à Flavia les actes héroïques de Giustino. Prise d’affection pour Giustino, Leocasta devient jalouse de la reine, tout comme l'engouement d'Andronico pour Leocasta le pousse à envier Giustino. Leocasta et Andronico s'efforcent tous deux de rencontrer Giustino en premier, afin d'empêcher l'autre d'interférer avec les objets de leur désir. Andronico réussit à partir le premier tandis que Leocasta exhorte la reine à rester. Elle l’enchante avec une chanson sur les brises printanières. La reine chante sur la nostalgie et l'amour non réciproque.

Le roi célèbre sa victoire. Giustino arrive avec Vitaliano fait prisonnier de guerre et monte encore en grade. Amanzio est rongé par la jalousie. Il sème le doute dans l'esprit du roi, affirmant que Giustino complote pour usurper le trône et la reine. Le roi tourmenté tente d'étouffer ces nouveaux doutes et demande l'avis d'un devin. La carte qu'il choisit est un présage de mort, ce qui ne fait qu'accroître sa paranoïa. Lorsque la reine demande innocemment quelles récompenses le roi a prévues pour les actes héroïques de Giustino, le roi trouve encore plus de raisons d'être jaloux. Il la pare des bijoux royaux de Vitaliano et l'exhorte à lui être fidèle. Une fois de plus, la reine est laissée seule pour réfléchir aux étranges manœuvres de Cupidon.

Pendant ce temps, Andronico, déguisé, ne peut plus se retenir. Il se démasque, révèle son identité et ses intentions à Leocasta, qui est à la fois bouleversée et impressionnée. Une fois de plus, Giustino vient à la rescousse de Leocasta. Il arrête Andronico et l'envoie au cachot. Leocasta est éprise de Giustino. Ils s'avouent leur amour mutuel. Lorsque Giustino est laissé seul, sa soif de pouvoir et de gloire grandit.

ACTE III
Déterminé à gravir les échelons, Giustino fait la cour à la reine. Pour le récompenser de ses actes de courage, elle le pare de l'ornement qu'elle a reçu de son mari. Amanzio assiste à la scène et appelle le roi. Giustino est condamné comme traître et la reine humiliée. Alors que Giustino fait ses adieux à Leocasta sur le chemin de la prison, celle-ci décide de le sauver.

Amanzio tente une dernière fois de conquérir Leocasta, mais il est brutalement congédié. Ivre et de plus en plus délirant, Amanzio espère se faire couronner empereur. Pendant ce temps, Vitaliano et son frère Andronico s'évadent de prison. En chemin, ils trouvent Giustino endormi et s'apprêtent à le tuer, lorsque le fantôme réapparaît et leur révèle qu'il s'agit en fait de leur frère disparu depuis longtemps.

Giustino persuade ses nouveaux frères de se venger du perfide Amanzio et de prouver au roi qu'il a été injustement calomnié.

Alors qu'Amanzio, ivre et fou, se glisse dans la peau de l'empereur, il est arrêté par Giustino et ses frères. Giustino supplie le roi de pardonner à ses frères Vitaliano et Andronico. En apprenant que Giustino est de sang noble, le roi cède et pardonne à ses anciens ennemis.

Le roi et la reine se réconcilient et un bal masqué est organisé. L'opera seria exige toujours un lieto fine (une fin heureuse). En effet, tout est bien qui finit bien pour tout le monde ! Ou presque…

EN PROFONDEUR

Gustave et Giustino

par George Petrou, chef d'orchestre et metteur en scène
 

Lorsque je suis arrivé au Théâtre du Château de Drottningholm pour la première fois, j'ai senti l'histoire du lieu m'envahir. La gloire du passé est évidente dans chaque recoin de ce théâtre. Et surtout, l'esprit du roi Gustave III, le « roi du théâtre » comme on l'appelle en Suède, est toujours omniprésent.

Pour le roi Gustave, le théâtre de Drottningholm était un lieu de vie, où il prenait ses repas, recevait des visiteurs diplomatiques, bavardait sur la vie politique et sociale du monde, mais aussi assistait aux répétitions, décidait du répertoire, récitait des pièces et s'impliquait de manière générale dans ce qui semblait être le plus grand amour de sa vie : le théâtre et les arts.

Inspirés par la personnalité pétillante de Gustave III, nous avons osé déplacer l'action de notre Giustino à l'époque gustavienne. Cela permet au théâtre de Drottningholm de redevenir un compagnon de la vie quotidienne du roi.

Giustino, un paysan dans le livret original, devient un humble serviteur de théâtre qui finit par attirer l'attention du roi et s'élève aux plus hauts rangs des fonctionnaires de la cour. Tous les éléments de la cour du 18ème siècle sont présents : ambition, intrigues, vanité, amour, sexe, politique et beaucoup de légèreté et d'humour rococo, et prennent place dans cet édifice théâtral unique qui, comme s'il possédait sa propre intelligence, opère sa magie dans la vie des gens.

Nous nous sommes inspirés de certains faits historiques qui concernent la vie et l'époque du roi Gustave III : la relation du roi avec son épouse, la reine Sofia Magdalena, la « théâtralité » du roi dans sa vie quotidienne, ses activités de dramaturge et de librettiste, sa recherche de conseils auprès d'une diseuse de bonne aventure afin d'apaiser ses insécurités, et enfin son assassinat tragique. À travers tout cela, nous avons créé une fantaisie baroque aventureuse, dans une cour fictive du 18ème siècle, qui permet au théâtre de Drottningholm d'être le véritable protagoniste du spectacle. Nous avons transformé la déesse Fortune du livret original de Beregan en « fantôme du théâtre ». La reine Lovisa Ulrika, mère du roi et créatrice du théâtre de Drottningholm, est la source d'inspiration de notre fantôme : une figure maternelle mais aussi très tranchante dans ses relations avec son fils et sa femme. Le fantôme veille sur le théâtre et sur les actions de nos héros, influençant de manière surréaliste le cours des événements.

Le théâtre de Drottningholm offre un grand nombre de décors différents et une machinerie scénique unique et très complexe. Mais l'auditorium du théâtre constitue en lui-même un décor saisissant, qui est manifestement présent tout au long de la représentation. C'est un défi de taille que de choisir parmi ces éléments de décor peints à la main d'une extrême beauté et de les combiner de manière créative, afin d'évoquer une atmosphère magique, en soulignant la narration de la meilleure façon possible. Nous avons cherché à recréer une ambiance de théâtre dans le théâtre, en considérant la scène à la fois comme un lieu de rencontre, dans un état moins glamour (avec le travail de scène) et comme une salle de spectacle baroque, avec des éclairages à la chandelle (Stella Kaltsou). Les costumes d'inspiration gustavienne de Paris Mexis visent à se fondre dans l'ambiance 18ème siècle des décors, tout en soulignant les caractéristiques propres à chaque personnage.