Fidelio
Craignant que son mari disparu ne soit détenu comme prisonnier politique, une noble se déguise en gardien de prison. Elle retrouve l’homme qu’elle aime affaibli dans le plus sombre des cachots. Parviendra-t-elle à le sauver avant qu'il ne soit trop tard ?
Les thèmes de l’oppression et de l’isolement, mais aussi de l’espoir et du pouvoir de l’amour, font de Fidelio l’opéra parfait pour notre époque, comme pour toutes les autres. Dans la nouvelle production de l’Opéra national de Vienne, la mise en scène de Nikolaus Habjan transcende les siècles. Léonore et Florestan sont chacun doublés par une marionnette, divisés, pour ainsi dire, en une vie intérieure, une expression de l’âme, et une figure extérieure. Une mise en scène qui met en évidence l’état de tension permanente de l'héroïne, qui fait face à une déferlante d’émotions tout en devant dissimuler sa véritable identité. « Si l’on réfléchit à ce que Beethoven voulait exprimer à travers ses œuvres, dit Nikolaus Habjan, on se heurte toujours à une grande idéalisation. Et une telle idéalisation transcende toute époque particulière. C’est pourquoi je veux créer quelque chose qui soit, en fin de compte, indépendant du temps. Moins j’essaie de situer l’intrigue dans une situation étroite, précise sur le plan temporel ou politique, plus l’œuvre devient intemporelle. Il s’agit des grands thèmes abordés par Beethoven, et on peut les comprendre très clairement sans recourir à un cadre de référence historique. »
Distribution
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Léonore
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Malin Byström
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Florestan
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David Butt Philip
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Don Fernando
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Simonas Strazdas
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Don Pizarro
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Christopher Maltman
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Rocco
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Tareq Nazmi
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Marzelline
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Kathrin Zukowski
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Jacquino
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Daniel Jenz
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Premier prisonnier
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Daniel Lökös
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Deuxième prisonnier
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Panajotis Pratsos
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Marionnettistes
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Manuela Linshalm
Max Konrad
Angelo Konzett
Alexandra Pecher
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Orchestre
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Orchestre de l'Opéra national de Vienne
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Chœurs
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Chœur de l'Opéra national de Vienne
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Musique
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Ludwig van Beethoven
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Texte
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Joseph Sonnleithner
Paulus Hochgatterer
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Mise en scène
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Nikolaus Habjan
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Direction musicale
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Franz Welser-Möst
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Décors
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Julius Theodor Semmelmann
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Costumes
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Denise Heschl
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Lumières
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Franz Tscheck
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Vidéo
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Judith Selenko
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Conception des marionnettes
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Bruno Belil Espinos
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Direction des chœurs
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Thomas Lang
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Vidéo
L'histoire
Le directeur d’une prison d’État espagnole, Don Pizarro, fait régner la terreur dans son établissement. Des innocents deviennent les victimes politiques de son emprise brutale. Don Florestan, originaire de Séville, souhaite mettre fin à ces actes arbitraires, mais finit par tomber entre les mains de cet homme violent. Il croupit dans un isolement inhumain depuis plus de deux ans.
Ses amis le croient mort, mais sa femme, Leonore, n’a pas encore perdu espoir de retrouver l’homme disparu. Convaincue que Florestan est prisonnier, elle se fait embaucher par le geôlier Rocco. Vêtue d’habits d’homme et sous le nom de Fidelio, elle accomplit des travaux pénibles, gagne la confiance de son supérieur et suscite même l'amour de sa fille Marzelline.
Acte I
Jaquino tente en vain de gagner les faveurs de Marzelline. Depuis que Fidelio est dans la maison, elle ne prête plus attention à ses avances. Fidelio revient de ses courses à Séville. Rocco est une nouvelle fois impressionné par les compétences et le sens du devoir de son nouvel assistant : Fidelio et Marzelline sont sur le point de devenir un couple. Marzelline et Rocco rêvent d’un avenir confortable, Jaquino voit ses perspectives s’amenuiser et Fidelio redoute ce qui l'attend. C’est alors que Don Pizarro fait son apparition. Il apprend par une lettre confidentielle que le ministre est sur la piste de ses abus de pouvoir : une visite surprise doit le condamner une fois pour toutes. Pizarro réagit sans tarder : un garde surveille la rue principale, un signal de trompette doit annoncer la visite. Florestan, la victime la plus en vue, doit être éliminé au plus vite.
Comme Rocco refuse de commettre un meurtre, le gouverneur s’en chargera lui-même. La seule chose que le geôlier doit faire d’abord, c’est lui creuser une tombe dans le cachot. Marzelline et Fidelio demandent à Rocco de laisser sortir les prisonniers les moins condamnés pour un court moment. Remplis de joie, les prisonniers profitent de la chaleur du soleil printanier. Fidelio est consternée d’apprendre la nouvelle mission de Rocco et veut partager son dur labeur dans le cachot : elle pourrait bien avoir à aider à creuser la tombe de son propre mari. Outré, Pizarro a remarqué la promenade des prisonniers et n’acceptera aucune justification. Seul le plan urgent visant à assassiner Florestan empêche des sanctions sévères.
Acte II
Dans le cachot, Florestan, épuisé, médite sur son sort. Sa situation lui semble désespérée ; seule la conscience d’avoir accompli son devoir le réconforte. Dans une vision extatique, il se sent transporté vers la liberté céleste par un ange aux traits de Leonore. Rocco et Fidelio dégagent péniblement une citerne. Florestan comprend enfin à qui il a affaire et veut en informer sa femme à Séville. Un peu de pain et de vin semblent être la dernière joie de Florestan, car Pizarro s’approche déjà. Mais alors qu’il s’apprête à porter le coup fatal, Fidelio se place devant le prisonnier : « Tuez d’abord sa femme ! » Elle braque un pistolet sur lui et la trompette retentit.
L’arrivée du ministre promet un revirement : la libération pour les opprimés, le châtiment pour l’oppresseur. Pizarro se précipite hors du cachot, Rocco se détourne de son maître, Leonore et Florestan se jettent dans les bras l'un de l'autre. Le peuple et les prisonniers accueillent avec enthousiasme le ministre, Don Fernando. Au nom du roi, il annonce une amnistie générale et la fin du despotisme politique. Il reconnaît en Florestan son ami que l’on croyait mort. Leonore est autorisée à détacher les chaînes de l’homme longtemps humilié, Pizarro est arrêté.
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